Actualisé 24.03.2015 à 14:44

Tunisie

Réouverture reportée pour raison de sécurité

La réouverture au public du musée du Bardo à Tunis prévue mardi, moins d'une semaine après l'attentat, est reportée sine die pour «des raisons de sécurité».

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Le jeune Marocain arrêté mardi en Italie et soupçonné de complicité avec les auteurs de l'attentat meurtrier du musée du Bardo à Tunis se dit innocent et refuse son extradition vers la Tunisie, a déclaré vendredi son avocate à l'issue d'une audience.

Le jeune Marocain arrêté mardi en Italie et soupçonné de complicité avec les auteurs de l'attentat meurtrier du musée du Bardo à Tunis se dit innocent et refuse son extradition vers la Tunisie, a déclaré vendredi son avocate à l'issue d'une audience.

Reuters/Handout
07.04 Trois semaines après l'attentat sanglant du musée du Bardo à Tunis, le président tunisien Béji Caïd Essebsi a entamé mardi une visite d'Etat de deux jours en France. François Hollande a promis une «coopération exemplaire», en matière sécuritaire, économique et culturelle avec la Tunisie.

07.04 Trois semaines après l'attentat sanglant du musée du Bardo à Tunis, le président tunisien Béji Caïd Essebsi a entamé mardi une visite d'Etat de deux jours en France. François Hollande a promis une «coopération exemplaire», en matière sécuritaire, économique et culturelle avec la Tunisie.

AFP/Bertrand Guay
02.04 Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé jeudi soir avoir procédé à de nouvelles arrestations après le sanglant attentat qui a visé des touristes au musée du Bardo le 18 mars, portant le nombre total de personnes détenues à 46.

02.04 Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé jeudi soir avoir procédé à de nouvelles arrestations après le sanglant attentat qui a visé des touristes au musée du Bardo le 18 mars, portant le nombre total de personnes détenues à 46.

Keystone/AP/Hassene Dridi

La réouverture au public du musée Bardo a été reportée sine die mais une cérémonie officielle symbolique et plusieurs rassemblements étaient maintenus mardi pour rendre hommage aux 21 victimes, moins d'une semaine après l'attaque revendiquée par le groupe Etat islamique. La cacophonie régnait sur les motifs du report de la réouverture, annoncée initialement pour mardi par les autorités: le musée a évoqué «des raisons de sécurité», une explication démentie ensuite par le gouvernement qui arguait «de travaux à finir».

Enfin, le ministère de la Culture a mis en avant des «problèmes de logistique» empêchant l'ouverture du site «à des milliers de gens». Une cérémonie officielle devait se tenir dans l'après-midi, avec notamment un concert de l'Orchestre symphonique tunisien en hommage aux 20 touristes étrangers et au policier tunisien tués dans l'attentat. Elle n'était ouverte qu'à des invités et aux médias. Le musée «va rouvrir dans les plus brefs délais, je ne sais pas exactement quand car il y a des travaux à finir. Il est très bien sécurisé je peux vous l'assurer», a dit à l'AFP Mofdi Mssedi, chargé de la communication du Premier ministre Habib Essid. Les responsables du site avait fait état de dégâts mineurs, après l'attaque à l'arme automatique du 18 mars menée par deux hommes qui ont été ensuite abattus.

Un policier écroué

Cet attentat a mis en évidence de graves défaillances des services de sécurité autour du musée et du Parlement qui se trouvent dans la même enceinte. Un troisième suspect est toujours en fuite. Le Premier ministre a limogé lundi plusieurs responsables de la sécurité, dont les chefs de la police de Tunis et du Bardo. Un policier, chargé de la sécurité au musée, a été écroué pour des raisons non précisées par le parquet du fait du secret de l'instruction. Divers rassemblements devant le musée du Bardo ont aussi eu lieu mardi pour dénoncer l'attaque, la première à toucher des étrangers en Tunisie depuis 2002. C'est aussi la première revendiquée par l'EI, qui sévit en Syrie, en Irak et en Libye, pays voisin de la Tunisie.

A l'appel d'internautes, des centaines de personnes, des Tunisiens mais aussi des touristes pensant pouvoir visiter le plus prestigieux musée du pays, se sont succédé en cours de journée devant les grilles, en dépit du mauvais temps. Portant tambourins et pancartes dénonçant l'attaque, ils ont repris en choeur des slogans comme «Tunisie libre, terrorisme dehors», des lycéens entonnant l'hymne national et des chants révolutionnaires. Des fleurs ont été accrochées au portail.

«Ce n'est pas plus sûr à Paris qu'ici»

«Je veux que les touristes viennent. Il faut être ici pour donner l'exemple (...) et l'image d'un peuple debout», a dit à l'AFP une manifestante, Najet Nouri. «On ne nous avait pas dit que c'était reporté. Nous sommes venus visiter le musée. Non, je n'ai pas peur. Ce n'est pas plus sûr à Paris qu'ici», a assuré Eliane Cotton, une touriste française.

La police a renforcé son dispositif en installant de nouvelles barrières aux abords du musée et du Parlement. La route a été fermée à la circulation. Dans l'après-midi, plusieurs centaines de participants au Forum social mondial (FSM), la grande messe altermondialiste qui se tient à Tunis jusqu'à dimanche, ont à leur tour pris la direction du Bardo, sous un important dispositif de sécurité, selon une journaliste de l'AFP. «Nous voulons dire que nous sommes farouchement contre le terrorisme», a commenté Bintou Traoré, membre d'une association malienne.

Dimanche, la présidence tunisienne souhaite organiser, elle aussi, une marche et espère recevoir la visite de responsables étrangers.

L'attaque du Bardo fait planer une menace sur le tourisme, secteur vital de l'économie, et les autorités tentent de relever le défi de la sécurité pour empêcher de nouveaux attentats. Les deux assaillants du musée étaient deux Tunisiens formés dernièrement aux armes en Libye, selon les autorités.

Quelque 3000 Tunisiens sont partis en Syrie en proie à la guerre civile et en Irak miné par l'instabilité. Des centaines se trouvent en Libye, pays livré aux milices, dans les rangs de groupe jihadistes comme l'EI. Environ 500 de ces jihadistes seraient revenus en Tunisie. (afp)

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