Actualisé 22.03.2017 à 00:36

SyrieReprise des combats à Damas et dans le centre

Les combats faisaient rage dans l'est de Damas, tandis qu'une nouvelle offensive rebelle a été lancée dans la province de Hama.

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Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

AFP
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Keystone
Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Keystone

Des factions rebelles et le Front Fateh al-Cham, l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, ont lancé avant l'aube leur attaque à partir du quartier de Qaboun (nord-est), et les combats se concentraient à proximité, à quelque 10 km du centre-ville, selon une ONG et des correspondants de l'AFP.

L'armée de l'air du régime bombardait les positions rebelles tandis qu'une pluie de roquettes tirées par les insurgés s'abattaient sur les quartiers des Abbassides et de Tijara, adjacents à celui de Jobar, tous dans l'est de la capitale syrienne.

Principal bastion du président Bachar el-Assad, la capitale syrienne était relativement épargnée par les ravages de la guerre qui a fait depuis mars 2011 plus de 320'000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

Un premier assaut surprise, lancé dimanche à partir de Jobar, avait permis aux rebelles et à leurs alliés djihadistes de se rapprocher le plus du centre de Damas depuis deux ans. Mais il a été repoussé le lendemain à coup de raids aériens, principal atout de l'armée, et le calme était revenu à Damas.

«On était soulagé (lundi) quand les rues ont été rouvertes mais aujourd'hui on est prisonnier de nouveau», affirme à l'AFP Ola, une résidant au quartier des Abbassides. «Je reste terrée dans ma chambre», dit cette étudiante en journalisme de 22 ans.

Les combats et les bombardements se sont intensifiés en fin de matinée, a constante un journaliste de l'AFP proche de la zone de combats. D'épaisses fumées noires étaient visibles dans le ciel.

«Les fenêtres tremblent»

Vers 5h30 locales (4h30), une première et puissante explosion a retenti dans le secteur de Qaboun et depuis, le bruit des bombardements n'a pas cessé.

«Nos fenêtres et nos portes tremblent à chaque bombardement», a affirmé à l'AFP Lamis, 28 ans, qui habite dans une rue à quelques km du secteur des affrontements. «J'ai peur que les hommes armés (rebelles) n'avancent davantage, j'espère que cela va se terminer rapidement», a-t-elle ajouté.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, «l'armée fait face aux tentatives d'infiltration des groupes terroristes et parvient à les encercler». Elle a rapporté 12 blessés dans les tirs de roquettes.

«Il y a eu à l'aube une grande explosion due très probablement à une attaque à la voiture piégée des rebelles contre une position du régime entre Jobar et Qaboun», a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), joint par téléphone de Beyrouth. Il a fait état de « violents bombardements et combats».

Faylaq al-Rahmane, un des mouvements rebelles islamistes participant à l'assaut, a affirmé dans un communiqué qu'il s'agissait «de la deuxième étape de la bataille», assurant que la rébellion était parvenue à s'emparer de nouvelles positions.

A Damas les rebelles et les djihadistes sont seulement présents dans le quartier de Qaboun qu'ils contrôlent dans sa grande majorité et dans celui de Jobar, plus au sud, qu'ils contrôlent à moitié avec le régime. Ces deux quartiers sont dans le nord-est de la capitale.

Les combats ont fait dimanche et lundi au moins 72 morts --38 du côté loyaliste et 34 du côté insurgé, selon l'OSDH.

Nouvelle offensive dans le centre

Une autre offensive contre le régime a été lancée mardi dans une zone stratégique du centre du pays, selon des combattants et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). L'offensive surprise a été annoncée dans la journée par l'alliance Tahrir al-Sham, dominée par le Front Fateh al-Cham, l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.

«Cet après-midi, Tahrir al-Sham a commencé à préparer ses opérations militaires contre des positions de l'armée (du régime) dans la province de Hama», a déclaré le porte-parole de Tahrir al-Sham, Imad al-Din Mujahid. Selon lui, les djihadistes et leurs alliés se sont emparés de plusieurs villages, dont celui de Suran, et les combats se poursuivaient dans la zone.

Tahrir al-Sham a publié des photos d'une explosion massive, affirmant être celle d'une attaque suicide contre un poste de contrôle gouvernemental dans Suran.

La province de Hama est stratégiquement importante pour le président Bashar al-Assad, car elle sépare Idlib, très infiltrée par les rebelles et djihadistes , de plusieurs bastions du régime, dont Damas au sud, et sur la côte ouest.

Bombardements nourris

«Les combattants de Tahrir al-Sham ont fait exploser deux voitures piégées en prenant d'assaut plusieurs villages dont celui de Suran», a de son côté annoncé à l'AFP Rami Abdel Rahman, directeur de l'OSDH.

Selon l'OSDH, les djihadistes et rebelles ont pris en quelques heures le contrôle de Suran et de huit postes de contrôle, et ce malgré des bombardements nourris de l'aviation gouvernementale.

Suran a changé plusieurs fois de mains au cours des six ans du conflit syrien. En octobre dernier, les forces gouvernementales l'avaient repris aux factions rebelles et djihadistes .

Pourparlers de paix

Ces nouvelles violences interviennent avant un nouveau round de négociations intersyriennes prévu à partir de jeudi à Genève, sous l'égide de l'ONU, en présence de représentants du régime et de l'opposition.

L'ONU a annoncé mardi que toutes les parties avaient confirmé leur participation à ces négociations.

Le régime, appuyé par son puissant allié russe, y va en position de force après avoir remporté plusieurs victoires depuis 2015 face aux rebelles, la plus importante étant la reprise totale en décembre 2016 d'Alep, deuxième ville du pays.

Tous les efforts diplomatiques, encadrés ou non par l'ONU, pour une solution au conflit très complexe et aux multiples acteurs ont jusqu'à présent échoué. (nxp/ats)

De Mistura absent à Genève

Les pourparlers sur la Syrie vont reprendre ce jeudi à Genève sans l'émissaire de l'ONU. Staffan de Mistura reprendra la direction des discussions vendredi, a indiqué mardi l'ONU à Genève.

«Toutes les délégations invitées ont confirmé leur participation», a affirmé la directrice de l'information de l'ONU à Genève Alessandra Vellucci. L'adjoint de M. de Mistura, Ramzy Ezzeldin Ramzy, les accueillera jeudi et entamera des réunions bilatérales avec elles.

(NewsXpress)

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