Actualisé 25.10.2010 à 09:28

GuantanamoReprise du procès d'Omar Khadr

Le Canadien Omar Khadr, dernier Occidental à Guantanamo, doit comparaître à nouveau lundi devant un tribunal militaire d'exception sur la base américaine à Cuba.

Son procès pourrait entériner un accord de plaider-coupable de dernière minute.

Le Canadien, âgé de 24 ans, a été arrêté alors qu'il était grièvement blessé en 2002 en Afghanistan lorsqu'il en avait 15. Il comparaît pour «crimes de guerre», dont meurtre, complot, soutien matériel au terrorisme et espionnage.

Les Etats-Unis lui reprochent notamment d'avoir lancé une grenade et tué un soldat américain, Christopher Speer, 28 ans, lors de la bataille qui a conduit à son arrestation.

Jusqu'ici, après huit ans passés à Guantanamo dont quatre sans avoir droit à un défenseur, il a toujours refusé de plaider coupable et a renvoyé par trois fois ses avocats. Ses défenseurs actuels dénoncent les interrogatoires musclés et menaces qu'il a subis et revendiquent son statut d'»enfant-soldat».

Procès suspendu

Ce fils d'un Canadien d'origine égyptienne, proche d'Oussama ben Laden et tué en 2003 au Pakistan, est maintenant un solide jeune homme barbu qui a perdu l'usage de l'oeil gauche après ses blessures en Afghanistan.

Son procès, qui a commencé en août, a été suspendu après un malaise de son avocat militaire Jon Jackson, puis a été repoussé à nouveau d'une semaine au 25 octobre pour permettre qu'un accord de plaider coupable surprise soit négocié.

Vers un accord de plaider coupable?

«Il y aura peut-être un accord de plaider coupable, c'est tout ce que je peux dire. Nous verrons ce qu'il se passe lundi», a affirmé à l'AFP Nate Whitling, un des avocats canadiens du jeune homme.

La teneur de l'accord pourrait rester secrète mais, selon les organisations de défense des droits de l'homme, il pourrait s'agir d'une peine de huit ans de prison, en grande partie purgée au Canada.

Ottawa a été tancé par sa propre Cour suprême pour avoir violé les droits du prisonnier mais a toujours jusqu'ici refusé un rapatriement. Au coeur de la polémique, le fait qu'en 2003, des agents des services secrets canadiens sont venus interroger sans ménagement à Guantanamo l'adolescent, convaincu qu'ils venaient le chercher.

La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, et son homologue canadien, Lawrence Cannon, se sont téléphonés vendredi, a indiqué le département d'Etat, des médias affirmant que l'objet de l'entretien était le sort d'Omar Khadr. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!