Actualisé 05.05.2014 à 11:21

Afrique du Sud Reprise du procès d'Oscar Pistorius

Cette dernière série d'audiences devraient être consacrées à l'audition d'une douzaine de témoins cités par la défense.

Après deux semaines d'interruption, le procès pour meurtre du champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius reprend lundi. Le tribunal de Pretoria s'est pour le moment donné jusqu'au 16 mai pour en finir avec cette longue série d'audiences, télévisées, qui tiennent l'Afrique du Sud en haleine depuis le 3 mars. Mais l'accusation pourrait jouer les prolongations en appelant de nouveaux témoins.

Le verdict ne sera pas prononcé immédiatement après la fin de ces audiences. Le procureur Gerrie Nel et l'avocat Barry Roux devront transmettre leurs conclusions écrites à la juge Thokozile Masipa. Celle-ci pourrait ensuite prendre plusieurs semaines avant de rendre une décision.

Longue liste de témoins

Oscar Pistorius était «brisé» après avoir tué sa petite amie, a déclaré le premier témoin à s'être rendu sur les lieux du drame en février 2013. Le témoin, gérant de la résidence fortifiée de la banlieue de Pretoria où habitait l'athlète, est la première personne qu'il a appelée après avoir abattu sa petite amie Reeva Steenkamp au matin de la Saint-Valentin. M. Stander faisait partie de la longue liste de témoins de l'accusation, mais il n'a pas été appelé à la barre. C'est finalement la défense qui l'a cité lundi.

Très ému, il a été interrogé par l'avocat Kenny Oldwadge, et pas par le ténor du barreau Barry Roux, le chef de l'équipe de défense de Pistorius. Il a dit avoir reçu un appel du sportif à 03h18 le matin du meurtre: «Oom (oncle) Johan, s'il te plaît, s'il te plaît, viens chez moi, j'ai tiré sur Reeva, je croyais que c'était un intrus!» Arrivé sur les lieux, il a trouvé un Pistorius en larmes, portant Reeva dans ses bras. Il demandait de l'aide pour emmener sa victime à l'hôpital. «C'est comme s'il était déchiré... brisé, désespéré, implorant...» a témoigné Johan Stander.

Oscar Pistorius, 27 ans, risque une peine incompressible de 25 ans s'il est reconnu coupable de l'assassinat de sa petite amie Reeva Steenkamp, un mannequin de 29 ans qu'il connaissait depuis trois mois quand il l'a abattue au petit matin du 14 février 2013, alors qu'elle était aux toilettes.

Le procureur Nel pense que le jeune couple se disputait - une fois de plus -, qu'elle voulait rentrer chez elle et que Pistorius l'a poursuivie. C'est en toute conscience, pense-t-il, que l'athlète a tiré quatre balles super-puissantes sur la porte des toilettes dans lesquelles elle s'était réfugiée pour échapper à sa colère.

Étonnante obstination

Oscar Pistorius dit n'avoir pas remarqué que Reeva s'était levée alors que lui-même était sorti sur le balcon de sa chambre pour rentrer des ventilateurs, lors de cette chaude nuit sans lune. Il maintient que leur amour était sans nuages et qu'il croyait avoir affaire à un cambrioleur quand il a tiré, pris de panique.

L'athlète double amputé, héros en Afrique du Sud pour avoir pu s'aligner aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 avec les valides, a montré pendant son procès qu'il était volontiers colérique et querelleur, soucieux à l'excès de sa réputation. Surtout, il a fait preuve d'une étonnante obstination à vouloir ne jamais être coupable.

«Je n'ai pas appuyé sur la gâchette», a-t-il notamment répété et répété, à propos d'un incident survenu dans un restaurant bondé de Johannesburg en janvier 2013. Il a alors déchargé le pistolet d'un ami par terre, ce qui est techniquement impossible sans appuyer. Il a ensuite demandé à son ami d'endosser la responsabilité de l'incident.

Joué sur les mots

De son interminable calvaire face au procureur, on retiendra qu'Oscar Pistorius a beaucoup pleuré mais n'a rien lâché, même si Gerrie Nel a mis en lumière certaines contradictions.

Il a bien reconnu avoir tiré les coups de feu fatals, mais a refusé d'admettre toute intention de tuer sa petite amie. Il a joué avec les mots, expliquant qu'il avait ouvert le feu sur la porte des toilettes dans un instant de panique, alors qu'il se croyait menacé, suivant son «instinct».

Son équipe a démenti qu'il ait pris des cours de théâtre ou de maîtrise de ses émotions pour préparer son éprouvant procès, au cours duquel il a éclaté en sanglots et a été pris de nausées à plusieurs reprises. Certains observateurs ont pensé qu'il simulait. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!