Zimbabwe: Requalification des accusations contre Bennett
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ZimbabweRequalification des accusations contre Bennett

L'accusation de trahison portée contre le vice-ministre zimbabwéen de l'agriculture désigné par l'ex-opposition au sein du gouvernement d'union, Roy Bennett, a été abandonnée.

Le responsable est désormais poursuivi pour tentative de terrorisme, banditisme et sabotage.

«Roy Bennett est en ce moment interrogé par la police et devrait comparaître lundi pour répondre de ces nouvelles accusations», a indiqué dimanche Trust Maanda, avocat de l'ancien député arrêté vendredi sous l'accusation de trahison.

«La police a sans doute réalisé que l'accusation de trahison ne tenait pas debout. Le dossier était vide», a-t-il ajouté.

Ancien fermier blanc expulsé de sa ferme en 2003, Roy Bennett était rentré en janvier au Zimbabwe après trois ans en Afrique du Sud, où il avait fui une accusation de complot contre le président zimbabwéen Robert Mugabe.

Appel au respect des droits fondamentaux

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), dont le leader Morgan Tvsangirai a été nommé premier ministre dans le gouvernement d'union nationale, avait protesté contre l'arrestation du vice-ministre désigné et affirmé samedi qu'il était «privé de nourriture» en détention. «Nous demandons le respect des droits fondamentaux de Roy Bennett et sa libération immédiate», avait ajouté le MDC.

Après des mois d'un duel sans merci entre le président Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai, le nouveau gouvernement d'union au Zimbabwe a prêté serment vendredi malgré l'arrestation de Roy Bennett.

Le MDC a estimé samedi que l'inculpation de trahison délivrée à l'encontre de Bennett était «motivée politiquement», et dans une note transmise par le biais de son avocat, Bennett s'est déclaré confiant. «Peu importe ces défis, si nous demeurons totalement motivés, nous allons parvenir à la paix, à la liberté et à la démocratie au cours de notre existence, croyez-moi», avait-il affirmé.

Dirigé d'une main de fer depuis l'indépendance en 1980 par le président Mugabe (85 ans fin février), le Zimbabwe, ancienne colonie britannique, connaît une crise politique, économique et humanitaire sans précédent.

«Sauver le dollar zimbabwéen»

L'hyperinflation se chiffre en milliards de pour cent et l'appareil de production est en ruines. Plus de la moitié de la population survit grâce à l'aide alimentaire venue de l'étranger. Le chômage frappe 94% des adultes et une épidémie de choléra, qui se propage sur les ruines des systèmes d'eau et d'assainissement, a fait plus de 3500 morts depuis août.

Dans une déclaration parue dimanche dans le journal sud-africain «Sunday Times», le nouveau ministre des finances zimbabwéen Tendai Biti s'est juré de «sauver le dollar zimbabwéen» et d'éviter de recourir au rand sud-africain dans son plan de sauvetage de l'économie.

«Nous devons d'abord nous assurer de sauver le dollar zimbabwéen. «Randiser» notre économie n'est pas la solution», a dit M.Biti. «Notre monnaie ne peut être sauvée que si on laisse flotter le dollar zimbabwéen afin qu'il trouve sa vraie valeur», a-t-il ajouté.

Villa à quatre millions

C'est dans ce contexte de crise économique gravissime que le journal britannique «Sunday Times» a affirmé ce week-end que Robert Mugabe et son épouse Grace avaient acheté, en secret, une propriété à Hong Kong. Coût de l'acquisition: quatre millions de livres (6,6 millions de francs), selon le journal qui ne cite pas ses sources.

(ats)

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