Asile: Requérants: «sleep-in» de Morges critiqué
Actualisé

AsileRequérants: «sleep-in» de Morges critiqué

Un groupe d'employés de l'Etablissement vaudois d'accueil des migrants (EVAM)critique la structure d'accueil mise en place pour les requérants déboutés.

La nouvelle structure pour les requérants d'asile déboutés, ouverte à Morges (VD) il y a deux semaines, est fortement critiquée. Sept employés dénoncent une structure «violant la dignité humaine» et appellent les autorités cantonales à renoncer à ce type d'hébergement.

«Conditions de vie mises en cause»

L'ancienne prison du Tulipier est devenue pour quelques mois une structure de 24 lits pour hommes seuls à l'aide d'urgence. Les déboutés qui veulent y dormir doivent aller chaque matin à Lausanne chercher un bon par leurs propres moyens, explique mardi le collectif «Droit de rester» dans un communiqué. Ces hommes n'ont pas le droit de travailler et ne reçoivent pas d'argent.

Ces conditions sont critiquées au sein même de l'Etablissement vaudois d'accueil des migrants (EVAM). Sept employés ont écrit une lettre ouverte, publiée par «Droit de rester». Ils y dénoncent ce «sleep-in» comme «une maltraitance administrative» qui les «heurte profondément sur le plan éthique».

Régime contre-productif

Les professionnels de l'EVAM jugent contre-productif le régime imposé à ces personnes. «Les contraintes administratives et les conditions de vie imposées aux hommes seuls à l'aide d'urgence ont tendance à les inscrire dans une démarche de survie au jour le jour. Cela limite leur capacité à faire des choix réfléchis et donc à construire un éventuel projet de retour», écrivent-ils.

Le système actuel d'hébergement en abri PC avec des structures d'accueil pour la journée est déjà très dur mais les déboutés ne quittent pas la Suisse pour autant, relèvent les signataires de la lettre ouverte. Le fonctionnement du «sleep-in» pousse ces hommes à commettre des incivilités, ce qui contribue à dégrader encore davantage l'image des migrants aux yeux de la population.

(ats)

Ton opinion