Suisse: Réserves de pétrole remises en cause
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SuisseRéserves de pétrole remises en cause

Un élu écologiste genevois veut baisser les stocks stratégiques d'or noir. Une mauvaise idée, selon l'Union pétrolière.

par
Henri Della Casa
Les citernes de Vernier occupent un grand espace à Genève.

Les citernes de Vernier occupent un grand espace à Genève.

Il est loin le temps de la guerre froide, où les réserves pouvaient pallier une suspension des livraisons de carburants à la Suisse. C'est le constat fait par Antonio Hodgers (Verts/GE).

Dans une motion déposée vendredi, le conseiller national demande au gouvernement de réduire la période des besoins à couvrir pour les énergies fossiles. En clair, de diminuer la quantité d'essence, de kérosène ou de diesel dans les cuves. Ce qui permettrait de retirer certaines d'entre elles.

Problème des cuves de Vernier

«Les citernes de stockage prennent énormément de place», argue Antonio Hodgers. Sans parler des risques auxquels ces installations exposent la population.

Cas flagrant: celui des citernes de Vernier, situées en zone urbaine genevoise et sous l'axe d'atterrissage des avions vers l'aéroport. Un élu municipal UDC s'était d'ailleurs mis en grève de la faim l'an passé pour dénoncer ce danger. Le Vert cite également l'exemple de Bâle.

Pétroliers pas d'accord

Le projet laisse toutefois les pétroliers sceptiques. «Notre situation géographique, sans accès à la mer, nous contraint d'avoir des réserves pour quatre à cinq mois», plaide Rolf Hartl, président de l'Union pétrolière.

La norme internationale impose, elle, trois mois de stockage, période que défend Antonio Hodgers. Qui rappelle que, malgré la crise libyenne contre le colonel Kadhafi en 2008, la Suisse n'avait pas eu à puiser dans ses réserves, grâce à d'autres pays exportateurs.

«Ces stocks couvraient douze mois il y a trente ans, glisse Rolf Hartl. On les a déjà bien baissés!»

Du carburant afin de faire face au pire

La Suisse paie 120 millions de fr. par an pour stocker des matières de première nécessité. Carburants, mais aussi médicaments, lait, sucre ou engrais. Fin 2011, rappelle l'Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays, alors que l'aéroport de Cointrin manquait de kérosène suite à des grèves en France, on a pu combler le déficit grâce aux réserves obligatoires. Le pétrole brut n'étant pas stocké, les raffineries de Collombey (VS) et de Cressier (NE) ne sont pas touchées par la motion.

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