Suisse - Résistance aux antibiotiques: Berne devra renforcer sa stratégie
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SuisseRésistance aux antibiotiques: Berne devra renforcer sa stratégie

Le Conseil des États a accepté tacitement une motion pour renforcer sa stratégie contre la résistance aux antibiotiques, tant chez les humains que chez les animaux et l’environnement.

par
Christine Talos
La résistance aux antibiotiques est un gros sujet de préoccupation pour le Conseil fédéral depuis longtemps.

La résistance aux antibiotiques est un gros sujet de préoccupation pour le Conseil fédéral depuis longtemps.

AFP

La question de la résistance aux antibiotiques s’est invitée au Conseil des États via trois motions mardi. Deux ont été refusées mais une a passé la rampe tacitement. Il s’agit de celle de la Verte bâloise Maya Graf qui demandait au Conseil fédéral de renforcer sa stratégie «One Health» (une seule santé) «en y intégrant une approche systémique de la recherche sur la propagation de l’antibiorésistance chez les humains, les animaux et dans l’environnement». But: élaborer une stratégie de lutte contre ce phénomène.

La propagation rapide et croissante des germes résistants aux antibiotiques qui circulent entre les êtres humains, les animaux et l’environnement représente l’un des enjeux majeurs des prochaines décennies, souligne Maya Graf. Depuis plusieurs années, la Suisse s’engage dans le cadre du Programme national de recherche Résistance aux antimicrobiens (PNR 72) et de la Stratégie Antibiorésistance Suisse (StAR) en faveur d’une approche interdisciplinaire pour lutter contre le phénomène. «Toutefois, une analyse systémique du réseau dans lequel circulent les grands flux de substances, et donc les bactéries résistantes aux antibiotiques, dans le système être humain-animal-environnement est essentielle pour comprendre le développement des résistances», plaide-t-elle.

Le conseiller fédéral Alain Berset l’a souligné: la résistance aux antibiotiques chez les humains comme les animaux est un gros sujet de préoccupation pour le gouvernement depuis longtemps. Il a assuré que le Conseil fédéral menait des discussions sur le sujet non seulement en Suisse mais aussi sur le plan international. Le Fribourgeois a donc recommandé aux sénateurs d’accepter la motion. «Il ne s’agit pas de mener des études précises sur ce qu’il faut faire, a-t-il expliqué. «Il s’agit d’une approche politique pour une seule santé, humaine ou animale. Il est crucial d’aborder ces éléments ensemble».

Deux autres textes sur la question ont en revanche été refusés. L’un demandait d’éliminer les incitations pernicieuses à l’usage des antibiotiques. L’autre préconisait d’utiliser le potentiel de la médecine complémentaire pour éviter ces médicaments. Alain Berset a souligné que les programmes lancés par la Confédération remplissaient déjà les critères exigés par les deux motions et qu’elles étaient donc inutiles.

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