Débrayage à Lausanne aussi – Restaurateurs et consommateurs peu impactés par les grèves

Publié

Débrayage à Lausanne aussiRestaurateurs et consommateurs peu impactés par les grèves

La mobilisation de certains livreurs de Smood s’intensifie et s’étend à Lausanne. Les clients adeptes de la restauration à domicile, eux, se tournent vers d’autres plateformes.

par
Jérôme Genet

Quelques salariés ont manifesté ce jeudi soir sur la place Saint-Laurent à Lausanne.

Vidéo: 20min/Gabriel Nista

Ce jeudi soir, une vingtaine de livreurs lausannois, employés par Simple-Pay, une société qui loue leurs services à Smood, se sont mis en grève. Leurs conditions de travail sont jugées précaires par le syndicat Unia, qui accompagne ses membres dans les brayages commencés à Yverdon-les-Bains (VD) il y a dix jours. Puis le mouvement de protestation s’est étendu à Neuchâtel, Nyon et en Valais ces derniers jours.

Les consommateurs, eux, ont le choix de faire appel à une autre société de livraison de repas à domicile ou au bureau. «Nos clients ont juste à changer de plateforme, nous confirme le Royal India à Lausanne. Nous sommes aussi sur Uber Eats et sur Just-Eat, donc on ne s’inquiète pas trop». Pas d’inquiétudes non plus au Bruxelles Café: «Nous ne serons que légèrement impactés, car on travaille surtout avec Uber Eats». Même son de cloche au Bibibowl, dont les clients privilégient aussi les services de l’entreprise américaine. Smood, créée à Genève, propose par contre une spécificité: faire les courses pour un client dans une Migros, partenaire, et livrer les produits le jour même.

Lausanne, jeudi soir, à son tour touché par la grève des livreuses et livreurs.

Lausanne, jeudi soir, à son tour touché par la grève des livreuses et livreurs.

20min/Gabriel Nista

Une semaine avec peu d’influences

Débutée le 2 novembre à Yverdon-les-Bains, la mesure n’a pas une réelle influence non plus sur les utilisateurs. «Nous avions déjà peu de commandes par Smood auparavant», nous répond-on au restaurant Le Romand. L’établissement reçoit d’ailleurs plus de demandes via le site local de Rest’à la Maison. Mais aux Saveurs d’Italie, une baisse générale est quand même constatée, sans en connaitre la cause: «C’est calme depuis une semaine, chez tous les livreurs».

Pour rappel, les livreurs de Smood revendiquent, notamment, d’être payés pour toutes leurs heures et d’obtenir un défraiement correct pour ceux qui utilisent leur véhicule privé. C’est l’introduction d’un nouveau système électronique d’attribution des tournées, sous la forme d’une application «premiers arrivés, premiers servis» qui a déclenché ce mouvement de protestations. «Les piquets de grève continuent dans toutes les villes», confirme Aymen Belhadj d’Unia.

Lente solution nationale discutée

Le syndicat Syndicom est depuis janvier dernier en discussion avec Smood. L’objectif est d’établir une convention collective de travail (CTT) «distribution suisse», avec d’autres entreprises du secteur de la logistique. David Roth, secrétaire central chez Syndicom, avertit que la mise en place de minimas dans la branche prendra du temps. À terme, cela pourrait répondre aux actuelles revendications. «Avec une CTT, c’est toujours mieux pour trouver des solutions», précise le syndicaliste.

Peu de livreurs d’AlloService repris par Smood

Après l’introduction du salaire minimum à Genève, une société sous-traitante de Smood licenciait plus de deux cents livreurs en avril. Puis, un début de solution se dessinait, avec l’annonce de reprise par Smood de personnes licenciées par AlloService. Résultat? «Smood a reçu une dizaine de candidatures, traitées selon le processus de recrutement habituel», explique Luise Kull. Mais la porte-parole de Smood avoue être incapable de dire si ces livreurs faisaient partie de la procédure de consultation lancée par le syndicat. «Unia n’a jamais répondu à nos demandes répétées de nous fournir la liste des livreurs qu’ils représentaient», déplore-t-elle.

Ton opinion

14 commentaires