Vaud: Restauration: les laissés pour compte ont le blues
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VaudRestauration: les laissés pour compte ont le blues

Frappés par la crise du Covid-19, des cafetiers qui avaient démarré leur activité juste avant le printemps 2020 sont doublement lésés.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Les restaurateurs qui ont démarré leur activité juste avant la pandémie sont les grands oubliés des pouvoirs publics. AFP

Nicolas Roy s’est battu comme un lion pour maintenir son commerce en vie. Ce cuisinier de 49 ans a racheté un resto à Yverdon-les-Bains et l’a inscrit au registre du commerce le 2 mars 2020. Peu après cette date, les établissements publics ont fermé. «Si j’avais enregistré deux jours avant, j’aurais eu au moins droit à un prêt à taux zéro», rumine ce spécialiste des tartares.

«J’ai perdu 160’000 fr.»

La crise sanitaire a tari les espoirs légitimés par un business-plan alléchant et l’abnégation de ce restaurateur actif jusqu’à 18 heures par jour. Las et déprimé, il vient de jeter l’éponge. «Réduire les charges tout en travaillant plus n’aura servi à rien. J’ai revendu le resto mais j’ai perdu 160’000 francs», lance-t-il, dégoûté. D’autres n’arrivent même pas à revendre. Faute d’acheteurs.

Tant qu’il y aura de l’amour…

Fin 2019, David a signé la convention d’achat d’une crêperie pour une reprise prévue en mars 2020. «Je fais partie des oubliés du système. J’ai plus de 85’000 francs de pertes», se lamente-t-il. La soupe à la grimace, Laura Rod l’a aussi connue avec son service traiteur, au Chalet-à-Gobet. «Il n’y a plus rien de ce qui nous permettait de gagner notre vie: anniversaires, mariages, événementiel. J’ai fait le pari osé d’ouvrir un resto.» Jamais à court d’idées, la cheffe de cuisine mitonne une nouvelle recette pour la Saint-Valentin: un concept de repas-concert en streaming. Tant qu’il y aura de l’amour...

Une iniquité décriée

L’aide publique vaudoise pour cas de rigueur est destinée aux entreprises créées avant le 1er mars 2020 ayant un chiffre d’affaires d’au moins 50’000 fr. et/ou qui ont dû fermer au moins 40 jours. «Des restaurateurs ont investi de l’argent et de l’énergie, paient un loyer et des charges sociales, comme leurs collègues plus anciens dans le métier. C’est injuste qu’ils n’aient pas tous le même traitement. Notre prochain combat vise à ce qu’ils aient gain de cause», annonce Frédérique Beauvois, du mouvement vaudois #quivapayerladdition.

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