Actualisé 06.02.2020 à 10:31

FribourgRestos ouverts 24h/24 pour canaliser les fêtards

Le Grand Conseil a accepté mercredi la révision de la loi sur les établissements publics. Avec une nouveauté: les restaurants «permanents».

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Frédéric Nejad Toulami/xfz
Dans le canton de Fribourg, les noctambules pourront manger à toute heure.

Dans le canton de Fribourg, les noctambules pourront manger à toute heure.

iStock/Image prétexte

Une vaste majorité de députés a donné mercredi son aval à une libéralisation des horaires des établissements publics la nuit, afin de mieux satisfaire la clientèle de noctambules. Des réserves ont cependant été émises sur les conditions de travail des employés.

Parmi les bénéficiaires de ces horaires étendus, les clubs jusqu'à 6h, et les bars jusqu'à 3h dès le jeudi, afin d'êtres attractifs par rapport aux cantons voisins. Même les fêtes de jeunesse dans les villages pourront durer jusqu'à 4h.

Permanents, mais pas n'importe où

Mais la grande nouveauté concerne la création de restaurants «permanents», qui pourront rester ouverts 24 h/24. Ceux qui solliciteront une patente F pour ouvrir un tel établissement devront remplir des conditions, comme se trouver à proximité de discothèques ou de pubs existants, souligne le conseiller d'État Maurice Ropraz: «On ne veut pas de restaurants permanents au milieu de nulle part ou dans un petit village. L'idée est d'accompagner l'offre existante en proposant aux noctambules un snack, de la restauration rapide ou des plats plus élaborés.»

C'est le conseiller d'État qui décidera de l'octroi ou non. Les communes fribourgeoises peuvent émettre un préavis, mais sans pouvoir décisionnel, car contrairement aux cantons de Vaud et de Genève, la fixation de tels horaires est une prérogative cantonale. La loi révisée devrait entrer en vigueur le 1er juillet.

Inquiétudes en matière de prévention

Si le groupe Vert Centre Gauche a salué la volonté de mieux canaliser le public noctambule dans les rues, et le PS l'animation estudiantine, un élu PDC a refusé la révision en raison du manque d'intégration de la prévention de l'alcoolisme dans cette révision.

Une inquiétude partagée par la fondation Addiction Suisse: «Cette libéralisation peut entraîner une augmentation de la consommation à risque et du nombre d'hospitalisations pour intoxication alcoolique, ainsi qu'une hausse des accidents», a réagi son porte-parole Markus Meury.

Aussi possible à Genève

Seul le Canton réglemente les heures d'ouverture des établissements publics à Genève. «L'horaire maximal d'ouverture est de 6h à 1h du dimanche au mercredi et de 6h à 2h du jeudi au samedi», précise Laurent Paoliello, porte-parole du Département de l'emploi et de la santé. La loi permet toutefois, rarement et sous conditions cumulatives, qu'un lieu reste ouvert 24h/24 le week-end mais un préavis positif de la commune concernée est alors nécessaire. Les zones industrielles seront privilégiées car elles devraient poser peu de problèmes au niveau du voisinage. «Cette autorisation est limitée à 12 mois, renouvelable, précise Laurent Paoliello. Mais le renouvellement est refusé si l'établissement a commis des infractions à ses obligations en matière de maintien de l'ordre et de la tranquillité publique.»

Réserves à gauche chez les Vaudois

Dans le canton de Vaud, les Jeunes PLR rappellent qu'ils sont favorables à des horaires élargis, y compris des bistrots, mais il faudrait alors adapter la loi sur la vente d'alcool déclare leur présidente Denise Gemesio. Si le porte-parole des Jeunesses socialistes, Léon de Perrot, redoute une flexibilisation pour les consommateurs au détriment des conditions de travail, les Jeunes POP soulignent, par l'intermédiaire de leur président Jordan Willemin, que ces horaires étendus la nuit peuvent nuire à la santé et à la vie sociale des employés.

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