Vaud: Restreindre la vente d'alcool porte ses fruits
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VaudRestreindre la vente d'alcool porte ses fruits

Dans le «classement» des séjours à l'hôpital pour ivresse aiguë, le canton de Vaud fait une jolie remontée depuis 2015 et la nouvelle loi sur les débits de boissons.

par
Francesco Brienza
Keystone

La tendance était déjà perceptible, mais les chiffres ne mentent pas: en 2017, avec 1,2 séjour hospitalier pour 1000 habitants pour intoxication aiguë à des substances psychoactives, le canton de Vaud est 12e au niveau national, ex æquo avec Fribourg et Zurich. Ces chiffres sont les plus récents mis à disposition par l'Observatoire suisse de la santé. En 2014, le canton était 8e, et en 2012 3e. Autrement dit, d'année en année, le Vaudois maîtrise de mieux en mieux sa consommation d'alcool.

En 2015, le Grand Conseil a adopté une loi qui a considérablement restreint la vente d'alcool en soirée. Celle-ci vise particulièrement les jeunes, adeptes des bitures le week-end. Hormis le vin, plus moyen de se procurer à l'emporter de quoi s'enivrer après 21 heures. A Lausanne, la règle est encore plus dure puisque la limite est fixée à 20 heures. En début d'année, les autorités ont tiré un bilan positif de l'introduction de ces mesures. Elles ont permis d'éviter 200 hospitalisations par an. «Nous avons immédiatement pu constater un impact en comparant les chiffres vaudois avec ceux des autres cantons, relève le Dr Nicolas Bertholet, médecin adjoint au Service des addictions du CHUV. Les effets sont encore plus prononcés chez les plus jeunes. Parmi les 16-19 ans, les admissions ont même diminué de moitié.»

Achats de dernière minute visés

Ces résultats sont salués par les experts de la branche. «On savait que ces mesures porteraient leurs fruits, se réjouit la Dre Line Guillod, responsable du programme Départ au CHUV, qui vise à réduire l'impact de la consommation de cannabis, d'alcool ou d'autres substances psychotropes à l'adolescence. Le cortex préfrontal des jeunes est encore en développement. Ils ont de la peine à prévoir et à anticiper les événements, et ces mesures structurelles permettent de limiter les achats de dernière minute.» La pédopsychiatre précise que cette population a besoin d'un cadre et de repères. Ces mesures symboliques permettent de lui faire comprendre que l'alcool n'est pas un produit anodin, même s'il est légal.

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