Macédoine: Résultats serrés aux législatives anticipées
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MacédoineRésultats serrés aux législatives anticipées

Les Macédoniens élisaient dimanche leurs députés. L'écart est faible entre les deux partis, qui ont revendiqué la victoire.

En Macédoine, les votes s'accompagnent généralement d'accusations d'irrégularités ou de soupçons concernant les listes électorales.

En Macédoine, les votes s'accompagnent généralement d'accusations d'irrégularités ou de soupçons concernant les listes électorales.

Keystone

Le parti de centre-droit et l'opposition sociale-démocrate (SDSM) étaient au coude-à-coude lundi matin, au lendemain des élections législatives organisées dimanche en Macédoine. C'est ce qui ressort des chiffres de la commission électorale.

Les résultats provisoires communiqués par cette dernière, accordent 37,96% des suffrages dépouillés au VRMO-DPMNE, dirigé par le dirigeant nationaliste et ancien Premier ministre Nikola Gruevski. Le SDSM, dirigé par Zoran Zaev, est crédité de 36,65% des voix.

Ces chiffres portent sur 98% des bulletins de vote, a précisé la commission électorale. Les résultats définitifs sont attendus autour de midi, heure locale, ce lundi.

«Nous sommes les vainqueurs»

Le chef de l'opposition sociale-démocrate a revendiqué dimanche soir la victoire de son parti aux élections législatives en Macédoine. Quelques minutes avant, le parti de droite au pouvoir avait fait de même.

«Nous avons encore gagné. Ce soir, aujourd'hui 11 décembre, le VMRO a remporté sa dixième victoire consécutive, 10-0», s'est félicité au siège du parti Vlatko Grojcev, un responsable du VMRO-DPMNE (droite) de Nikola Gruevski, au pouvoir depuis 10 ans.

«Nous sommes les vainqueurs», «nous attendons encore les résultats complets mais au moment où je vous parle, l'opposition a un siège de plus» et «la tendance ne peut qu'être en notre faveur», a rétorqué Zoran Zaev, le chef de l'opposition. Celui-ci s'exprimait devant quelques centaines de partisans extatiques réunis face au siège du gouvernement.

Rétablir la stabilité

Dans tous les cas de figure, pour gouverner, il faudra à l'un comme à l'autre trouver des alliés de coalition, notamment parmi les partis représentant la minorité albanaise, qui pèse pour un quart d'une population de 2,2 millions d'habitants.

Les Macédoniens se sont rendus aux urnes dimanche pour des législatives anticipées. Nombre d'entre eux avaient comme priorité le rétablissement de la stabilité dans le pays, après deux ans de blocage, d'accusations de corruption ou d'atteintes aux droits fondamentaux.

«J'attends que cette agonie s'achève. Que le vainqueur ramène le calme. L'année dernière a été un cauchemar», commentait avant de voter Zoran Milevski, 55 ans. Ce scrutin prévu par un accord conclu sous l'égide de l'Union européenne, a été reporté deux fois en avril et juin.

L'ONG Most, qui a mobilisé 3000 observateurs, a prévenu dans l'après-midi que «le nombre d'irrégularités rapportées durant les élections, est en train d'augmenter», selon l'agence officielle Meta. Des médias locaux évoquaient également des tentatives de corruption d'électeurs, sans préciser d'où elles émanaient.

En Macédoine, les votes s'accompagnent généralement d'accusations d'irrégularités ou de soupçons concernant les listes électorales.

Écoutes illégales

La crise politique a éclaté en février 2015 quand Zoran Zaev, le chef de l'opposition social-démocrate (SDSM), a accusé M. Gruevski et le chef des services de renseignement d'avoir placé sur écoutes plus de 20'000 personnes, dont des juges et des journalistes afin de contrôler la presse, les élections et les nominations à des postes élevés de la fonction publique.

Les conversations téléphoniques révélaient aussi des faits de corruption dans les plus hautes sphères du pouvoir, jusqu'à Nikola Gruevski lui-même. «Nous allons reprendre tout l'argent qui a été pris aux citoyens!», a dit à ses partisans Zoran Zaev, 42 ans, lui-même aux prises avec la justice dans une affaire de corruption dans la ville de Strumica (sud) dont il est maire.

Agé de 46 ans, l'homme fort de Macédoine, qui avait démissionné du poste de Premier ministre au début de l'année pour ouvrir la voie au scrutin, dispose de solides soutiens parmi les fonctionnaires, les retraités, et dans les campagnes.

Prévenant dimanche qu'en cas de défaite «sa carrière politique s'arrêterait», Zoran Zaev n'est pas certain de pouvoir compter sur un effet «Révolution de couleurs», ces manifestations à Skopje accompagnées de jet de peinture, un mouvement citoyen qui semble s'essouffler.

Vote des Albanais

Mais la marge de sécurité du parti au pouvoir, VMRO-DPMNE, semble plus faible. De nombreux électeurs sont lassés par la crise politique, la situation économique d'un pays où le revenu moyen reste inférieur à 400 euros, dont un quart de la population active est au chômage.

Autre inconnue, le vote des Albanais, qui comptent pour environ un quart des quelque 2,2 millions de détenteurs de passeports macédoniens. La situation n'est plus comparable à celle qui avait conduit le pays au bord de la guerre inter-ethnique en 2001. Mais l'équilibre reste fragile.

Nikola Gruevski a accusé Zoran Zaev de jouer avec le feu en promettant une «fédéralisation» pour s'attirer les voix albanaises et mettre un terme à une longue série de défaites électorales. Le principal parti albanais, l'Union pour l'intégration démocratique (DUI) de l'ancien rebelle Ali Ahmeti, est allié à la droite.

Mais une formation est apparue, le mouvement Besa dirigé par Bilall Kasami, qui reproche au DUI et à l'autre principal parti albanais, le DPA, de ne pas défendre la minorité. Besa exige des mesures notamment pour l'emploi.

Les bureaux de vote devaient fermer à 19h00 (locales et suisses). Les premières déclaration des partis étaient attendues aux alentours de minuit tandis que les celles de la commission électorale sont prévues dès lundi et les résultats définitifs mardi. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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