25.07.2020 à 13:55

Coronavirus

Bolsonaro est désormais négatif, mais les contaminations se multiplient

Le président brésilien a déclaré ce samedi sur Twitter qu’un traitement à l’hydroxychloroquine l’a guéri de sa contamination. Dans le monde, la pandémie bat de nouveaux records.

Jair Bolsonaro montrant une boîte d’hydroxychloroquine, jeudi dernier à Brasilia.

Jair Bolsonaro montrant une boîte d’hydroxychloroquine, jeudi dernier à Brasilia.

AFP

Le président brésilien a annoncé samedi qu’il n’était plus infecté par le coronavirus, qui a forcé son pays à annuler la traditionnelle fête de fin d’année à Rio de Janeiro et dont le nombre des victimes se multiplie dans le monde.

Diagnostiqué positif le 7 juillet, Jair Bolsonaro, à la tête du deuxième pays le plus touché par la pandémie avec quelque 2,3 millions de cas, a annoncé sa guérison par un message sur Twitter, accompagné d’une photo: «RT-PCR pour SARS-CoV 2: négatif. Bonne journée à tous».

Il a immédiatement entrepris un tour d’honneur à moto dans les rues de Brasilia pour saluer ses partisans, faisant fi des gestes barrières.

Le ministre sud-africain du Commerce, Ebrahim Patel, a eu moins de chance: testé positif, il devient le quatrième ministre atteint par le virus dans le pays le plus affecté d’Afrique.

Dans le monde, la pandémie bat de nouveaux records: plus de 280'000 nouvelles contaminations ont été recensées pour la seule journée de vendredi. Et depuis le 1er juillet, plus de cinq millions de nouveaux cas ont été officiellement déclarés, ce qui équivaut à plus d’un tiers du total des cas détectés depuis le début de la pandémie.

«Aucun pays n’est épargné», souligne samedi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans un communiqué, ajoutant que cette augmentation est due à une transmission élevée dans les zones à forte concentration de population comme sur le continent américain et en Asie du Sud.

«La clé pour maîtriser la transmission est de trouver, isoler, tester et traiter les cas et les contacts», rappelle l’OMS.

Aux États-Unis, le pays le plus endeuillé avec 145'546 décès, plus de 70'000 nouveaux cas ont encore été dénombrés vendredi, ainsi que 1.157 morts, selon le comptage de l’université Johns Hopkins.

Recrudescence en Corée du Sud

Dans les pays qui avaient réussi à endiguer le virus, les chiffres repartent à la hausse. La Corée du Sud a signalé samedi une recrudescence des cas, enregistrant son bilan le plus élevé en près de quatre mois avec 113 nouveaux cas, dont 86 personnes arrivées de l’étranger.

Sans imposer de confinement mais avec une stratégie très poussée de tests et de traçage des contacts des personnes contaminées, les autorités sud-coréennes étaient pourtant parvenues à maîtriser la situation. Le Vietnam a annoncé samedi avoir détecté son premier cas de coronavirus localement transmis en près de 100 jours.

Et en France, la circulation virale est en «nette augmentation», selon les autorités sanitaires. Le gouvernement a désormais rendu obligatoires les tests pour les voyageurs en provenance de 16 pays, dont les États-Unis et l’Algérie.

«Ce qu’il faut éviter par-dessus tout, c’est le reconfinement général», une mesure qui serait «catastrophique» au niveau économique et social, a déclaré le Premier ministre Jean Castex au quotidien Nice Matin.

D’autres pays ou régions d’Europe ont renforcé les contrôles des voyageurs et généralisé le port du masque de protection, comme l’Angleterre. Sur ce continent, l’épidémie a tué 207'599 personnes pour plus de trois millions de cas, selon un comptage de l’AFP.

«Infesté»

En Amérique latine, les annulations de festivités et d’événements sportifs se multiplient. La traditionnelle fête de fin d’année à Rio de Janeiro, qui rassemble des millions de spectateurs sur la plage de Copacabana pour admirer les feux d’artifice, a été annulée et Sao Paulo a reporté sine die son carnaval.

Le Panama a renoncé à organiser la Coupe du monde féminine de football des moins de 20 ans, qui devait avoir lieu début 2021, ainsi que les Jeux sportifs d’Amérique centrale et des Caraïbes de 2022.

«Le monde est infesté», se lamente Raquel Barrera, une Salvadorienne de 28 ans dont les deux parents sont morts du Covid-19, comme trois de ses frères, en moins de deux mois. L’Équateur, un des pays sud-américains les plus touchés, a dépassé samedi les 80'000 cas, dont 5507 mortels.

Le championnat de foot chinois a repris samedi, après une interruption de cinq mois. Tête baissée vers le sol, les joueurs ont observé une minute symbolique de silence en hommage aux victimes de la pandémie, apparue à Wuhan au tournant de l’année.

Le joueur de foot Xavi Hernandez, ancienne gloire de Barcelone et de l’Espagne, a été testé positif au coronavirus, a annoncé samedi l’entraîneur du club qatari Al-Sadd

S’inscrivant dans la durée, la pandémie, qui a fait au moins 639'981 morts dans le monde, provoque aussi une érosion du soutien des populations aux réponses de leurs gouvernements face à la crise, selon une étude internationale rendue publique samedi par le cabinet KekstCNC. Seuls 35% des Britanniques sondés jugent ainsi positivement l’action du leur (-3% par rapport à juin).

Le soutien aux pouvoirs publics recule aussi aux États-Unis, avec 44% de mécontents (+4%), ou au Japon où plus d’un sondé sur deux (51%) estime que les autorités gèrent mal la crise. Les Français en revanche se montrent davantage satisfaits (+6 points), même s’ils restent globalement mécontents, à 41%.

(AFP/NXP)

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