Elections au Kenya: Retard et polémique font monter la tension
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Elections au KenyaRetard et polémique font monter la tension

M. Kenyatta, fils du premier président du pays, est nettement en tête des résultats partiels à mi-course, face au Premier ministre Raila Odinga. Ces élections sont censées tourner la page de la précédente élection présidentielle de 2007 qui avait tourné au bain de sang.

Uhuru Kenyatta est en tête des résultats provisoires de la présidentielle kényane.

Uhuru Kenyatta est en tête des résultats provisoires de la présidentielle kényane.

La Commission électorale (IEBC) a enfin commencé mercredi à annoncer les résultats officiels, à mesure de l'arrivée, à son Centre national de collecte, des directeurs de scrutin de chacune des 290 circonscriptions. Ils devaient y déposer leurs procès-verbaux.

Cependant, seuls les chiffres de deux circonscriptions ont pour l'heure été publiés. L'IEBC a annoncé que les procès-verbaux de 53 circonscriptions au total étaient en cours de vérification.

Lenteurs et polémique

La commission électorale a cessé d'actualiser les résultats provisoires transmis jusqu'ici au compte-gouttes par les présidents de bureaux et relayés en direct par les télévisions du pays.

L'extrême lenteur de ce processus, qui doit permettre de prévenir toute accusation de manipulation des chiffres, a suscité impatience et inquiétude chez les électeurs et parmi les formations politiques kényanes. Le président de l'IEBC, Ahmed Issack Hassan, a reconnu des «retards dans la transmission des résultats» qu'il a attribués à des «problèmes techniques».

A ces retards s'ajoute désormais une polémique sur les quelque 340'000 bulletins de vote d'ores et déjà déclarés nuls, soit près de 6% des suffrages jusqu'ici comptabilisés. Un chiffre considérable attribué en partie à la complexité inédite du scrutin, au cours duquel les électeurs devaient déposer six bulletins dans six urnes pour élire président, députés, sénateurs et élus locaux.

L'IEBC a annoncé que ces bulletins nuls seraient intégrés dans la base de calcul de la majorité absolue requise pour une victoire au premier tour. Ce faisant, elle rendra un tel scénario plus difficile. Une porte-parole de M. Kenyatta, qui en pâtira le plus, a aussitôt dénoncé une décision «sinistre et suspecte».

Avance de Kenyatta

L'IEBC se base sur les dispositions constitutionnelles. Elle a toutefois entretenu la confusion depuis lundi soir en affichant des pourcentages provisoires basés sur les seuls suffrages exprimés.

Les chiffres, portant sur moins de 44% des bureaux et de 40% des 14,3 millions d'inscrits, donnent une avance de dix points au vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta sur son principal adversaire Raila Odinga. (afp)

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