Actualisé 20.08.2019 à 14:43

Manifestation pacifiqueRetour au calme à Hong Kong ? Carrie Lam l'espère

La dernière grande manifestation dimanche à Hong Kong a été pacifique. Un espoir de retour au calme pour la cheffe de l'exécutif qui campe sur ses positions.

La cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam a espéré mardi que l'absence de violences en marge de la manifestation prodémocratie de dimanche augurait d'un «retour au calme» dans l'île. Elle a une nouvelle fois refusé d'accéder aux demandes des protestataires.

Des centaines de milliers de personnes ont envahi dimanche les quartiers du coeur de Hong Kong dans une nouvelle manifestation de masse qui, contrairement aux rassemblements des semaines précédentes, n'a pas dégénéré en affrontements entre radicaux et forces de l'ordre.

Ce rassemblement «a globalement été pacifique», a dit Mme Lam lors d'une conférence de presse télévisée. «J'espère de tout coeur que cela marque le début d'un retour au calme de la société et d'une fin des violences.»

La crise est née en juin du rejet d'un projet de loi de l'exécutif local pro-Pékin visant à autoriser les extraditions vers la Chine. Les manifestants ont cinq demandes fondamentales, parmi lesquelles l'abandon total de ce projet de loi, la démission de Mme Lam, ou encore une enquête sur l'usage de la force par la police, qui a utilisé de grandes quantités de lacrymogènes ces dernières semaines et souvent tiré des balles en caoutchouc sur les manifestants.

Pourquoi la tension ne retombe pas?

Hong Kong est le théâtre de manifestations depuis juin 2019. Pékin hausse désormais le ton après être resté en retrait et elle a massé des troupes et des véhicules aux frontières.

174 plaintes

Mme Lam a indiqué que 174 plaintes avaient été déposées contre la police depuis le début du mouvement le 9 juin. Elle a dit que celles-ci seraient l'objet d'une enquête «approfondie» de la «police des polices», dont elle a nommé le chef. Ces investigations internes ne devraient pas satisfaire les manifestants, qui exigent l'ouverture d'une enquête indépendante.

Hong Kong: tirs de gaz lacrymogène contre des manifestants

La police de Hong Kong tire des gaz lacrymogènes contre des manifestants près du Bureau de liaison chinois, alors que des dizaines de milliers de personnes ont bravé l'interdiction des autorités et marché dans les rues du centre-ville.

Mme Lam concentre la colère des manifestants qui considèrent qu'elle ne leur a fait aucune concession. Elle a annoncé que son gouvernement pousuivrait «une mission d'information» sur les moyens de résoudre cette crise sans précédent.

La contestation ne faiblit pas à Hong Kong

Des manifestants prodémocratie se rassemblent à Hong Kong pour défiler dans le quartier de Tseung Kwan O, au lendemain de heurts avec la police dans un quartier touristique.

La cheffe de l'exécutif a pris mardi un ton plus conciliant, tout en refusant d'annoncer l'abandon officiel du projet de loi sur les extraditions. Il est actuellement officiellement suspendu, ce qui n'est pas suffisant pour les manifestants. «Le projet de loi est mort», a-t-elle réaffirmé. «Nous ne prévoyons pas de le ressusciter».

Deux policiers arrêtés

Deux policiers hongkongais ont été arrêtés mardi après la diffusion d'une vidéo les montrant maltraiter un homme sur un brancard dans un hôpital. Cet incident accentue un peu plus la pression sur les forces de l'ordre accusées de brutalité par le mouvement pro-démocratie.

«Il est évident que les actes commis par les officiers de police concernés sont illégaux», a déclaré un porte-parole de la police, John Tse. Il a précisé que la police n'avait découvert la vidéo que mardi.

Sur ces images, enregistrées fin juin par une caméra de surveillance, les deux policiers en uniforme matraquent un homme allongé, dont le corps est ceinturé sur un brancard, et semblent vouloir l'empêcher de crier en maintenant fermement un drap sur sa bouche. Dans la pièce exiguë, les deux policiers, seuls, se relaient pour battre l'homme pendant plusieurs minutes.

Selon la police, ce dernier était alors en état d'arrestation. «Les deux officiers impliqués ont été arrêtés pour agression ayant provoqué des blessures corporelles», a ajouté le porte-parole. Il a promis une enquête complète et indépendante, insistant sur le fait que «les officiers de police ne sont jamais autorisés à user de violence». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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