Actualisé 29.01.2011 à 10:05

Révolution de jasmin

Retour au calme à Tunis

Une quinzaine de personnes avaient été été blessées vendredi lors des heurts avec la police pendant l'évacuation de la Kasbah et sur l'avenue Bourguiba.

Le calme est revenu samedi dans le centre de Tunis, secoué la veille par de violents affrontements entre policiers anti-émeutes et des centaines de manifestants délogés manu militari du quartier des ministères.

Une quinzaine de personnes avaient été été blessées pendant l'évacuation de la Kasbah et sur l'avenue Bourguiba.

L'esplanade de la Kasbah, haut lieu pendant cinq jours des protestations contre le gouvernement de Mohammed Ghannouchi, était totalement bouclée par des militaires après avoir été dégagée vendredi de tous les manifestants qui demandaient la tête du Premier ministre, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Aucune tension n'était perceptible dans les rues de la médina voisine, où un sentiment de soulagement était constaté.

«L'école reprend, c'est important», dit Hocine, un père de famille qui emmène sa fille de 9 ans dans un établissement scolaire du quartier. Plus politique, il ajoute à propos du gouvernement remanié jeudi soir sous la pression de la rue: «maintenant nous avons des technocrates compétents pour organiser les élections».

Critique évoquée

«Y'en a marre», s'emporte un épicier du quartier, qui a pu à son grand soulagement ouvrir sa boutique tôt samedi matin.

Un certain ras-le-bol était perceptible chez certains au centre- ville, où des journalistes sur place ont pu voir vendredi soir des commerçants prêter main forte à des policiers qui pourchassaient des manifestants dans les petites rues autour de l'avenue Habib Bourguiba.

«On ne veut pas d'eux ici. Ils ne viennent pas manifester, mais casser. Et si les commerces n'ouvrent pas, comment va-t-on manger?», lance Nizar, un habitant du centre qui a participé aux course- poursuites aux côtés des forces de l'ordre.

«Même si ce n'est pas tout à fait fini, c'est la fin du mouvement», lance tout sourire Ghaya el Mouna, une étudiante de 20 ans qui, avec sa soeur, fait la queue dans un magasin de vêtement, en ce premier jour des soldes sur l'avenue Habib Bourguiba, théatre d'échauffourées pendant plusieurs heures dans la soirée de vendredi. (ats)

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