Actualisé 08.07.2018 à 15:30

Syrie

Retour massif de déplacés dans le sud syrien

Un accord conclu vendredi entre les forces russes et les rebelles a convaincu quelque 60'000 civils de rentrer chez eux, malgré de nouveaux raids aériens.

1 / 150
Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Keystone
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

Keystone
Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Keystone

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar el-Assad. Cet accord n'a cependant pas empêché l'aviation syrienne et russe de mener à nouveau des raids aériens meurtriers dans deux secteurs.

Accalmie depuis vendredi

Après avoir consolidé son pouvoir sur la capitale Damas et ses environs, en chassant rebelles et djihadistes, les forces du régime et leur allié russe ont lancé une offensive le 19 juin pour reprendre la province de Deraa, au sud de la capitale. Une partie était aux mains des insurgés.

Ces violences ont poussé à la fuite 325'000 personnes selon l'ONU. Une partie a trouvé refuge près de la frontière avec la Jordanie ou de la ligne de démarcation sur le plateau du Golan, occupé en partie par Israël.

Mais une accalmie depuis vendredi, consécutive à un accord entre rebelles et régime, a encouragé «plus de 60'000 déplacés à rentrer chez eux», a indiqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

«Il ne reste plus qu'entre 150 et 200 personnes» à proximité immédiate de la frontière, a noté de son côté dimanche en conférence de presse le coordinateur humanitaire de l'ONU en Jordanie, Anders Pedersen. Des dizaines de milliers de déplacés avaient trouvé refuge ces derniers jours dans ce secteur.

Civils tués

Cependant le régime a repris dimanche ses raids dans certains secteurs de la province. «D'intenses frappes aériennes» ont visé la localité d'Oum al-Mayazin, au nord du poste-frontière de Nassib, aux portes de la Jordanie, a rapporté l'OSDH, faisant état de trois morts parmi les civils.

Un civil a aussi été tué dans un raid similaire contre le secteur rebelle de la ville de Deraa, selon l'Observatoire, qui dispose d'un réseau d'informateurs sur le terrain.

Ces frappes intervenaient alors qu'un peu plus tôt, des tirs rebelles sur un convoi du régime empruntant l'autoroute près d'Oum al-Mayazin avaient fait des morts parmi les militaires, a indiqué l'OSDH, sans être en mesure de fournir un bilan.

Ce regain de violence intervient alors que les insurgés de Deraa avaient finalement accepté de céder leurs territoires. Au terme de deux semaines de bombardements meurtriers, ils se sont résignés à s'asseoir à la table des négociations avec l'allié russe du régime de Bachar el-Assad.

Evacuations reportées

L'accord dévoilé vendredi soir impose le désarmement des rebelles, l'évacuation de certains d'entre eux vers des secteurs insurgés ailleurs dans le pays, le retour des institutions étatiques dans la région. Il instaure surtout un cessez-le-feu qui a permis de rétablir un calme précaire.

Comme ce fût le cas déjà pour d'autres bastions rebelles en Syrie, le sud devait connaître dimanche les premiers départs de combattants rebelles souhaitant rejoindre avec leur famille la province d'Idleb, dans le nord-ouest, pour ne pas rester en territoire gouvernemental. Mais les évacuations ont été ajournées, après la reprise des hostilités, a indiqué un dirigeant rebelle.

Revers pour la rébellion

Une perte de la province de Deraa représenterait un nouveau revers pour la rébellion, incapable de résister à la puissance de feu du régime. Grâce au soutien militaire de ses alliés russe et iranien, Damas a repris le contrôle de plus de 60% du pays, en guerre depuis 2011.

Plus que jamais, le régime est déterminé à rétablir son pouvoir sur le reste du pays ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350'000 morts. (nxp/ats)

(NewsXpress)
Trouvé des erreurs?Dites-nous où!