Affaire Polanski: Retour sur la chronologie des évènements
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Affaire PolanskiRetour sur la chronologie des évènements

La libération sous caution de Roman Polanski, vendredi, n'est qu'une étape d'une affaire qui défraye la chronique depuis son arrestation à l'aéroport de Zurich le 26 septembre.

En attendant une décision définitive des autorités suisses sur son extradition aux Etats-Unis, en voici un résumé.

21 septembre: L'Office fédéral de la justice (OFJ) demande par fax urgent à la justice américaine si le mandat d'arrêt contre Roman Polanski est toujours valable. Le cinéaste franco-polonais est invité au Festival du film de Zurich qui démarre quelques jours plus tard.

23 septembre: Les autorités judiciaires américaines confirment la validité du mandat d'arrêt, insistant sur une arrestation en vue d'une extradition. Le mandat date de 1978 pour viol d'une mineure. Depuis 2005, Roman Polanski est sous le coup d'un mandat d'arrêt international.

25 septembre: La ministre de la justice Eveline Widmer-Schlumpf est informée de l'affaire.

26 septembre: Le cinéaste âgé de 76 ans, qui doit être honoré au Zurich Film Festival pour l'ensemble de son oeuvre, est arrêté à Kloten à sa descente d'avion.

27 septembre: Les gouvernements français et polonais ainsi que bon nombre de personnalités des milieux culturels se disent irrités par cette arrestation et demandent la mise en liberté du cinéaste. La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf souligne qu'il n'y a pas eu de pressions américaines.

28 septembre: Roman Polanski dépose un recours contre son extradition vers les Etats-Unis au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone.

29 septembre: Les avocats du réalisateur demandent sa mise en liberté. Plus d'une centaine de personnalités signent une pétition en ce sens: parmi elles se trouvent Woody Allen, Wim Wenders et Martin Scorsese. La ministre des affaires étrangères Micheline Calmy- Rey critique le «manque de doigté» dans cette arrestation.

30 septembre: Roman Polanski engage la star du barreau américain Reid Weingarten dans l'équipe de ses avocats.

2 octobre: L'ancien procureur américain David Wells, qui a affirmé avoir pressé il y a plus de 30 ans le juge responsable de l'époque à condamner Polanski, se rétracte.

4 octobre: La ministre de la justice Eveline Widmer-Schlumpf défend les agissements de son office dans cette affaire. Avertir le réalisateur n'aurait pas été conforme.

6 octobre: L'Office fédéral de la justice refuse une remise en liberté. Il juge le risque de fuite trop élevé.

15 octobre: Le président français Nicolas Sarkozy critique la justice américaine pour sa gestion de l'affaire. Vouloir juger un cas (d'abus sexuel) après 32 ans ne témoigne pas d'une bonne administration de la justice, déclare-t-il dans «Le Figaro».

17 octobre: Roman Polanski quitte temporairement la prison de Winterthour (ZH) pour subir des examens médicaux.

20 octobre: Le Tribunal pénal fédéral rejette le recours du réalisateur et refuse à son tour sa mise en liberté en raison du trop grand risque de fuite.

23 octobre: Les Etats-Unis demandent formellement l'extradition de Roman Polanski. Cette requête se base sur le mandat d'arrêt de 1978. Ce dernier émane d'un tribunal américain parce que Polanski n'a jamais comparu devant le juge, contrairement à ce qu'il avait assuré. La demande d'extradition précise que le cinéaste risque une peine maximale de deux ans de prison et non pas une peine de cinquante ans de prison, contrairement à ce qui avait été évoqué lors de son arrestation.

30 octobre: La deuxième demande de remise en liberté du cinéaste est rejetée par l'Office fédéral de la justice.

3 novembre: Le Tribunal pénal fédéral est saisi d'un recours de Roman Polanski contre le refus de liberté conditionnelle.

25 novembre: Le Tribunal pénal fédéral annonce avoir accepté le recours de Roman Polanski contre son maintien en détention extraditionnelle. Il accepte sa libération sous caution, dont le montant est fixé à 4,5 millions de francs. Le cinéaste doit également déposer ses documents d'identité et est assigné à résidence dans son chalet de Gstaad (BE), sous contrôle électronique.

30 novembre: des journalistes venus du monde entier font le pied de grue sous la neige devant le chalet de Roman Polanski à Gstaad (BE). Le lendemain, l'OFJ annonce qu'il ne sera pas libéré avant le vendredi 4 décembre.

4 décembre: Roman Polanski est libéré sous caution en attendant que les autorités suisses rendent une décision définitive sur la demande d'extradition américaine. Il est assigné à résidence à son chalet de Gstaad. Outre le paiement d'une caution de 4,5 millions de francs, le réalisateur a dû déposer ses papiers et accepter le port d'un bracelet électronique. (ats)

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