Manuel Zelaya: Retour surprise du président déchu dans son pays

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Manuel ZelayaRetour surprise du président déchu dans son pays

Le président déchu du Honduras Manuel Zelaya est rentré clandestinement lundi à Tegucigalpa, à la surprise générale.

Il a trouvé refuge à l'ambassade du Brésil, d'où il a appelé l'armée à «retourner ses fusils contre les ennemis du peuple».

Renversé par l'armée le 28 juin dernier et exilé au Nicaragua voisin, Manuel Zelaya a raconté aux journalistes à l'ambassade être revenu dans son pays au bout d'un «très long périple de 15 heures».

Dès son arrivée, M. Zelaya a appelé «le peuple hondurien» à se réunir autour de l'ambassade. La télévision l'a montré souriant depuis la terrasse, coiffé de son éternel grand chapeau blanc.

Plusieurs milliers de ses partisans ont convergé rapidement vers l'ambassade. Le gouvernement en place a aussitôt établi un couvre- feu, en vigueur de 16h00 à 07H00 du matin.

Le président de facto du Honduras, Roberto Micheletti, a «appelé le gouvernement du Brésil à respecter le mandat d'arrêt édicté contre M. Zelaya en le remettant aux autorités compétentes du Honduras», dans une déclaration à la radio et à la télévision. M. Micheletti est apparu entouré de ses ministres, des chefs de l'armée et de la police et des industriels qui avaient appuyé le coup d'Etat.

«L'Etat du Honduras s'engage à respecter les droits de M. Zelaya à un procès en bonne et due forme», a ajouté Roberto Micheletti, ex- président du Congrès. Placé à la tête de l'Etat par les militaires, il n'est reconnu ni par le Brésil ni par le reste de la communauté internationale.

Echec des négociations

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et le président du Costa Rica Oscar Arias ont estimé que le retour de Zelaya offre une chance de résoudre la crise politique dans le pays.

Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, a assuré que son pays n'avait «joué aucun rôle» dans son retour et qu'il s'était contenté de répondre favorablement à sa demande d'asile dans son ambassade.

Le Conseil permanent de l'Organisation des Etats américains (OEA), réuni à Washington, a adopté une déclaration appelant le gouvernement de facto du Honduras à garantir la sécurité de M. Zelaya et toutes les parties à éviter la violence.

Pressions internationales

Le retour surprise de M. Zelaya survient à un moment où le dialogue avec le gouvernement de facto est dans une impasse depuis l'échec de la médiation internationale menée par le président Arias, fin juillet.

Celle-ci avait achoppé sur le retour au pouvoir de M. Zelaya au sein d'un gouvernement d'union nationale, refusé par les autorités en place à Tegucigalpa, malgré les pressions croissantes de la communauté internationale.

Le retour de M. Zelaya a pris au dépourvu M. Micheletti, qui avait nié lundi matin qu'il soit rentré au Honduras, accusant les médias de pratiquer un «terrorisme médiatique» en annonçant le retour du président exilé.

(ap)

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