Suisse: Retraites: difficile de trouver un consensus
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SuisseRetraites: difficile de trouver un consensus

Selon les prévisions actuelles, dans dix ans, les caisses de l'AVS seront vides. Des solutions sont à trouver.

Il faut redessiner un projet de financement du 1er pilier passant notamment par une hausse de la TVA. (Photo d'illustration)

Il faut redessiner un projet de financement du 1er pilier passant notamment par une hausse de la TVA. (Photo d'illustration)

Keystone

Un mois après l'échec cinglant de la réforme des retraites en votation, les chances de trouver un dénominateur commun pour un nouveau projet ne s'améliorent pas. Les positions exprimées avant la table ronde convoquée vendredi par Alain Berset restent très éloignées.

Selon les prévisions actuelles, dans dix ans, les caisses de l'AVS seront vides. Tous les acteurs du dossier sont d'accord pour dire qu'il faut redessiner un projet de financement du 1er pilier passant notamment par une hausse de la TVA. Ils achoppent en revanche sur le niveau de l'augmentation.

L'UDC et l'union suisse des arts et métiers préconisent une hausse de 0,3 point de la TVA. Le PLR veut assurer le financement de l'AVS jusqu'à fin 2030 par un relèvement de 0,6 point.

Le PDC vise l'année 2035, ce qui nécessitera une nette hausse de la taxe, selon son président Gerhard Pfister. Le Zougois préconise aussi une «véritable égalité sociale» en portant à 65 ans l'âge de la retraite des femmes.

Division sur l'âge

Mais cette idée continue à diviser les esprits. Le PS ne veut pour l'instant plus entrer en matière sur l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes. Le peuple l'a déjà refusée deux fois, explique à l'ats la conseillère nationale st-galloise Barbara Gysi. Il faut attendre des progrès en matière d'égalité salariale avant d'aborder la question, selon elle.

Pour les socialistes comme pour l'Union syndicale suisse (USS), le financement de l'AVS pourrait passer non seulement par une augmentation de la TVA, mais aussi une hausse des cotisations salariales.

Le PDC veut trouver des solutions pour améliorer les conditions des couples mariés. La réforme rejetée en votation prévoyait un relèvement du plafond de leur rente. Chez les libéraux-radicaux, la conseillère aux Etats st-galloise Karin Keller-Sutter propose de faciliter l'accès à la retraite anticipée des personnes ayant eu une longue vie professionnelle et de faibles revenus. La mesure coûterait 300'000 francs par année. Elle pourrait être financée par les économies réalisées en relevant l'âge de la retraite des femmes. Celles-ci seraient d'ailleurs les premières à en profiter, selon elle.

Compensation très limitée

Pour le président de l'UDC Albert Rösti, une éventuelle compensation du nouvel âge de la retraite des femmes dépendra des négociations. Elle serait éventuellement possible «à une échelle très limitée». Reste qu'aucun des participants de la table ronde de vendredi ne semble prêt à faire de concessions substantielles.

Tous les partis misant sur des projets dissociant l'AVS et la prévoyance professionnelle, l'idée d'une grande réforme comme l'avait tentée le conseiller fédéral Alain Berset semble en tout cas morte. Le calendrier reste incertain. Le PS veut attendre quatre ou cinq ans avant de s'attaquer à nouveau au 2e pilier.

Il ne soutiendra une baisse du taux de conversion que si les employés à temps partiel sont mieux couverts et le système plus transparent, avertit en outre Mme Gysi. Pas question que les assurances, banques et gérants de fortune continuent à faire du profit sur le dos des assurés, renchérit Doris Bianchi, experte du dossier à l'USS.

Baisse du taux de conversion

A droite, la nécessité de baisser le taux de conversion du capital en rente est incontestée. Pour le président de l'UDC, il faut le compenser par une hausse des cotisations et éventuellement des mesures pour protéger les droits acquis. Les personnes âgées devraient bénéficier d'un meilleur soutien et on peut discuter de l'abaissement du seuil d'assurance.

La déduction de coordination, qui limite le salaire assuré, doit aussi être discutée, estime M. Rösti. Sa suppression toucherait durement les femmes, les travailleurs à temps partiel et les bas salaires.

L'usam et l'Union patronale suisse ont déjà rejeté avec véhémence ce projet. Au Parlement, le PDC et le PS l'ont empêché. Mais il n'est pas exclu que son abolition ne revienne à l'ordre du jour dans un deuxième temps.

Reste que ces questions ne seront pas abordées vendredi lors de la table de ronde convoquée par Alain Berset. Si le conseiller fédéral estime qu'il est de son rôle d'élaborer un nouveau projet, certains parlementaires voudraient prendre eux-mêmes la main. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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