France: Retrouvée morte dans la ferme qu'elle contrôlait
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FranceRetrouvée morte dans la ferme qu'elle contrôlait

Une jeune femme, qui effectuait une visite de conseil dans une exploitation laitière, a été traînée dans un étang. Un homme a été arrêté.

Le fourgon de l'identification criminelle est parqué aux abords de l'exploitation où le drame s'est produit.

Le fourgon de l'identification criminelle est parqué aux abords de l'exploitation où le drame s'est produit.

photo: AFP

Une jeune technicienne de la chambre d'agriculture de Rodez, dans le sud de la France, est morte, mercredi à Mayran, dans une grosse ferme laitière aveyronnaise. Elle s'était rendue dans cette exploitation pour une visite sanitaire du bétail.

Le corps de la jeune femme, âgée de 25 ans, a été retrouvé dans une retenue d'eau située à 200 m du corps de ferme. La dépouille de la jeune technicienne portait des «traces d'ecchymoses». «Elle a vraisemblablement résisté», a-t-on précisé de source sécuritaire.

«Traînée jusqu'à l'étang»

Le drame s'est déroulé dans une exploitation familiale d'une commune de 600 habitants de la campagne aveyronnaise, située à une vingtaine de kilomètres de Rodez. L'un des frères, âgé de 47 ans, a été interpellé et placé en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Rodez, selon une source proche du dossier. Le décès de la jeune femme a été déclaré à 9h, mercredi.

Dans la soirée, le procureur a précisé que l'éleveur placé en garde à vue a «traîné et tué» la jeune conseillère agricole qui «serait morte étouffée, noyée» dans l'étang. Yves Delperié a expliqué que le prévenu a «saisi» la jeune femme, «l'a prise à bras-le-corps, l'a traînée vers un étang proche» et a évoqué des «motivations extrêmement floues» mais a priori pas liées à la crise agricole.

La jeune femme, spécialiste du contrôle laitier, venait régulièrement dans cette ferme. «La visite avait commencé tout à fait normalement», a déclaré le magistrat, «elle avait fini son travail au moment où elle a été agressée». Il n'y a «pas eu d'altercation, pas de dispute, pas de contentieux», a-t-il ajouté, soulignant que l'éleveur n'avait pas «d'antécédents judiciaires» et jugeant prématuré de parler d'«antécédents psychiatriques». Une autopsie sera effectuée jeudi ainsi qu'une expertise psychiatrique, a-t-il précisé.

«Famille vaillante et tranquille»

Le maire de Mayran, Yves Mazars, agriculteur retraité, s'est dit «attristé», parlant des deux frères, ses voisins, qui avaient repris l'exploitation de leur père, comme une «famille très vaillante et tranquille».

Le maire a déclaré devant la presse «ne pas penser que les frères avaient des problèmes d'argent», soulignant qu'ils produisaient «du lait et de la viande».

Elle était là pour conseiller l'éleveur

La victime était venue procéder à une «démarche de conseil», a indiqué le ministre de l'Agriculture, également porte-parole du gouvernement, qui a dénoncé un «événement grave» lors de sa conférence de presse suivant le Conseil des ministres.

On ignorait encore, mercredi après-midi, les raisons d'une éventuelle altercation entre la jeune femme et le quadragénaire et si elle était liée à la visite sanitaire que la technicienne spécialisée dans le contrôle laitier venait effectuer.

Le président de la chambre d'agriculture d'Aveyron, Jacques Molières, a déclaré à Centre-Presse que la prestation de la jeune femme, initialement prévue lundi matin, avait été «décalée de deux jours, je ne sais pourquoi».

Il a expliqué que la jeune femme, prénommée Elodie, était venue «assister à la traite du matin pour conseiller l'éleveur», non pas pour sanctionner, «mais pour aider, accompagner l'agriculteur». «Dans un élevage, les vaches doivent être régulièrement contrôlées, des prélèvements sont effectués sur le lait pour mesurer les taux protéiques, butyriques», a-t-il précisé.

Le président des Chambres d'Agriculture Guy Vasseur a fait part de sa «stupeur et tristesse» et précisé, dans un communiqué, que le décès de la jeune femme faisait «suite à une altercation avec un proche du chef d'exploitation chez qui elle se trouvait».

«Pas faire de lien» avec les manifestations

En attendant les détails de l'enquête, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, n'a pas souhaité «faire de lien entre ce fait gravissime et le contexte que l'on connaît». Les agriculteurs multiplient en effet depuis des semaines les actions pour dénoncer la faiblesse des cours de leurs productions. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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