Actualisé 29.01.2019 à 00:17

Crise au VenezuelaRéunion d'urgence du Groupe de Lima à Ottawa

Les pays membres du Groupe de Lima, c'est-à-dire le Canada et une dizaine de pays d'Amérique Latine vont se réunir pour discuter de la situation vénézuélienne.

1 / 150
LEs services de renseignements vénézuéliens ont mené une perquisition dans les bureaux du chef de l'opposition Juan Guaido, actuellement en Europe. (Mardi 21 janvier 2020)

LEs services de renseignements vénézuéliens ont mené une perquisition dans les bureaux du chef de l'opposition Juan Guaido, actuellement en Europe. (Mardi 21 janvier 2020)

AFP
Le secrétaire d'État américain a appelé à en «finir avec la tyrannie» de celui qu'il ne considère plus comme le président du Venezuela. (Lundi 20 janvier 2020)

Le secrétaire d'État américain a appelé à en «finir avec la tyrannie» de celui qu'il ne considère plus comme le président du Venezuela. (Lundi 20 janvier 2020)

AFP
L'opposant Juan Guaido s'est rendu dimanche en Colombie pour rencontrer le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. (19 janvier 2020)

L'opposant Juan Guaido s'est rendu dimanche en Colombie pour rencontrer le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. (19 janvier 2020)

AFP

Le Canada va accueillir le 4 février à Ottawa une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères du Groupe de Lima sur la crise au Venezuela, a annoncé lundi à la presse la chef de la diplomatie canadienne, Chrystia Freeland.

La plupart des membres du Groupe de Lima --composé du Canada et d'une dizaine de pays d'Amérique latine et des Caraïbes-- ont exhorté le président vénézuélien Nicolas Maduro à renoncer au pouvoir. Et la rencontre de lundi prochain vise à «discuter des mesures que nous devons prendre pour soutenir Juan Guaido et le peuple vénézuélien», a indiqué la ministre des Affaires étrangères du Canada. «Il y a de lourds défis en matière de sécurité, d'aide humanitaire et d'immigration», a-t-elle relevé.

La réunion rassemblera «les ministres des Affaires étrangères des pays du Groupe de Lima ainsi que des participants de l'ensemble de la communauté internationale», a précisé le ministère canadien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Crise diplomatique

Le Venezuela, en proie à d'importantes pénuries alimentaires et de médicaments et à une hyperinflation de 10'000'000% annoncée pour 2019, traverse la pire crise de son histoire récente. Mercredi dernier, Juan Guaido, le président du Parlement, s'est autoproclamé «président en exercice» depuis la capitale, Caracas.

Cette situation inédite a placé le pays pétrolier, ruiné après avoir été le plus riche d'Amérique latine, au centre de l'échiquier diplomatique international: du côté de M. Guaido se rangent notamment les Etats-Unis, le Canada, une grande partie de l'Europe et de l'Amérique latine, tandis que M. Maduro est soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba.

«Nous lui demandons de céder le pouvoir à l'Assemblée nationale, la seule institution encore démocratiquement élue dans ce pays, selon la constitution du Venezuela», a lancé Mme Freeland à propos de Nicolas Maduro. Elle a accusé le successeur d'Hugo Chavez d'avoir «créé cette crise humanitaire, économique et politique (avec des) milliers de Vénézuéliens (qui) n'ont pas accès à la nourriture, l'eau, les soins médicaux».

Crise des réfugiés

Mme Freeland a rappelé que, selon les Nations unies, déjà trois millions de Vénézuéliens ont fui leur pays et que d'ici fin 2019 «nous pourrions en arriver à cinq millions de réfugiés, avec des flux migratoires pouvant déstabiliser» la région. «Avec la Syrie, nous avons vu comment ce genre de crises peuvent déstabiliser l'environnement géopolitique avec des défis et des flux migratoires importants» imposés aux pays environnants, a souligné la ministre canadienne.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro avait menacé la semaine dernière les pays du Groupe de Lima de représailles diplomatiques s'ils ne revenaient pas sur leur refus de reconnaître son deuxième mandat.

Créé en 2017, le Groupe de Lima comprend l'Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique (qui n'a pas reconnu M. Guaido), le Panama, le Paraguay, le Pérou, le Guyana et Sainte-Lucie. (nxp/afp)

Les USA font monter la pression

Les Etats-Unis ont encore fait monter la pression sur le régime de Nicolas Maduro en annonçant lundi des sanctions contre la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne et en appelant l'armée à accepter le transfert pacifique du pouvoir à l'opposant Juan Guaido. «Nous appelons l'armée vénézuélienne et les forces de sécurité à accepter la transition pacifique, démocratique et constitutionnelle du pouvoir», a déclaré lors d'un point de presse John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche. Interrogé sur une possible intervention militaire américaine, il a réaffirmé, comme l'avait fait Donald Trump, que «toutes les options» étaient sur la table.

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!