Etude - Réutiliser son masque tous les 7 jours pour diminuer la pollution
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ÉtudeRéutiliser son masque tous les 7 jours pour diminuer la pollution

L’usage des masques au quotidien n’est pas sans conséquences pour l’environnement. Unisanté propose des solutions surprenantes pour réduire leur empreinte carbone.

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comm/lmv

Stocker son masque n’effraie pas les Lausannois.

Vidéo: 20 minutes

Le port du masque fait désormais partie de notre quotidien. La question de l’impact écologique d’une telle pratique se pose donc et les conclusions d’Unisanté, le Centre universitaire de médecine générale et de santé publique de Lausanne, sont alarmantes.

Comme ici en décembre à Lausanne, le port du masque s’est généralisé dans les lieux extérieurs très fréquentés.

Comme ici en décembre à Lausanne, le port du masque s’est généralisé dans les lieux extérieurs très fréquentés.

Patrick Martin/24 heures

En bilan carbone, un masque chirurgical transporté en avion, le plus souvent depuis la Chine, représente 1,3 kg d’équivalent CO₂ par mois. De plus, la récupération et la gestion des masques utilisés ne sont pas optimales. On estime que plusieurs milliards de masques ont rejoint les océans en 2020.

Trois solutions

Une utilisation plus consciente réduirait l’impact écologique. Dans son communiqué, Unisanté propose trois stratégies afin de donner plusieurs vies aux masques à usage unique.

  1. La chaleur sèche: placer un masque à une température de 70 degrés pendant trente minutes permet sa réutilisation. C’est une technique accessible à tous, chez soi.

  2. Le lavage en machine: contrairement aux idées reçues, les masques chirurgicaux peuvent se laver en machine, à environ 60 degrés. Cette technique permet une réutilisation, mais limitée. Le masque perd en efficacité après un certain nombre de lavages.

  3. La stratégie «semainier»: c’est la stratégie privilégiée par l’étude. Laisser un masque chirurgical à température ambiante pendant sept jours permet sa réutilisation jusqu’à 10 fois.

Les masques en coton «faits maison» permettent de réduire 35 fois le bilan carbone, mais ne sont pas aussi efficaces pour endiguer la pandémie. À noter que les masques en coton vendus en magasin ne sont pas vraiment écologiques, dès lors que le transport de la marchandise est polluant.

Unisanté met donc en avant l’aération du masque chirurgical comme une méthode facile et accessible à tous. Si 10% de la population suisse adopte cette stratégie, l’équivalent CO₂ de 5600 vols individuels entre Paris et New York ne serait pas rejeté dans l’atmosphère.

Une solution économique

La réutilisation des masques permet également une économie financière. Si leur nombre est divisé par 10, la facture le sera aussi.

Il y a un an, le prix des masques inquiétait les associations. Un appel à des masques gratuits pour les plus démunis avait été lancé. On estimait alors que le budget masque était de 60 francs par mois pour une personne et de 160 francs pour une famille.

Depuis, les circonstances ont changé, relativise Ingrid Hess, de la Conférence suisse des institutions d’action sociale: «Il y a un an, on payait très cher pour les masques. Mais les prix en magasin ont beaucoup diminué. C’était urgent à l’époque, mais ce n’est plus un problème dont nous discutons. La réutilisation des masques, c’est surtout un enjeu écologique.» Même constat chez Caritas Genève: «Les gens qui viennent vers nous sont dans une très grande détresse, ils sont presque à la rue. Les masques, ce n’est pas vraiment une thématique que nous abordons, mais il y en a toujours à disposition.»

L’infographie explicative se trouve sur le site d’Environmental Action:

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