«Au Revoir Là-Haut»: Revanche éclatante au parfum de farce
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«Au Revoir Là-Haut»Revanche éclatante au parfum de farce

Quatre ans après «9 mois ferme», Albert Dupontel est de retour derrière la caméra pour un sixième film remarquable, «Au revoir là-haut».

par
Catherine Magnin

Comment survivre à la guerre? En forçant une autre victime à survivre? Gueule cassée, comme les milliers de soldats défigurés jusqu'à ne plus pouvoir parler ni oser se regarder dans un miroir, Péricourt (Nahuel Perez Biscayart) aurait voulu mourir dans les tranchées. Mais Maillard (Albert Dupontel) ne l'entend pas de cette oreille. De retour dans une vie civile qui ne leur fait aucune place, ces deux-là montent une incroyable arnaque: vendre sur plans des monuments aux morts fictifs... Leurs clients, leurs pigeons, ce seront les détestés d'hier. Mais pas seulement...

Faut-il rappeler que le roman de Pierre Lemaitre, dont Albert Dupontel signe ici l'adaptation, a remporté le Prix Goncourt 2013? Dupontel restitue à merveille toute la réussite d'une histoire pétillante, qui emprunte des chemins détournés, entrechoque des coïncidences éloquentes. Dupontel a su y mettre sa patte, sa manière à lui de construire des scènes riches de plusieurs niveaux, de glisser de l'une à l'autre, de faire naître les émotions de détails apparemment farfelus. D'autant que le scénario a resserré les rets qui relient les destins de tous les personnages.

Reconstitution historique si fine qu'elle n'attire jamais l'attention sur elle, pitrerie triste incarnée par un Nahuel Perez Biscayart (vu dans «120 bat­tements par minute») bouleversant jusque derrière les masques... Avec «Au revoir là-haut», les survivants ont trouvé leur chantre.

«Au revoir là-haut»

De et avec Albert Dupontel. Avec Nahuel Perez Biscayart, Laurent Lafitte, Niels Arestrup.

Sortie le 25 octobre 2017.

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