Actualisé 21.12.2016 à 05:41

RD Congo

Réveil difficile à Kinshasa

Après une nuit marquée par un passage en force du président Joseph Kabila, la tension règne dans la capitale de la République démocratique du Congo.

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Après un malaise qui a duré 12 minutes, Felix Tshisekedi  a prêté serment comme nouveau président de la République démocratique du Congo. (Jeudi  24 janvier 2019)

Après un malaise qui a duré 12 minutes, Felix Tshisekedi a prêté serment comme nouveau président de la République démocratique du Congo. (Jeudi 24 janvier 2019)

Keystone
Une accolade entre Felix Tshisekedi (à droite) et le président sortant Joseph Kabila   (Jeudi  24 janvier 2019

Une accolade entre Felix Tshisekedi (à droite) et le président sortant Joseph Kabila (Jeudi 24 janvier 2019

AFP
La Cour constitutionnelle a officiellement proclamé l'opposant Félix Tshisekedi président de la République démocratique du Congo (RDC). (Dimanche 20 janvier 2019)

La Cour constitutionnelle a officiellement proclamé l'opposant Félix Tshisekedi président de la République démocratique du Congo (RDC). (Dimanche 20 janvier 2019)

AFP

Kinshasa s'est réveillée mardi animée d'un sentiment d'incompréhension mêlée d'indignation. La dernière nuit du second mandat du président Kabila a été agitée dans de nombreux quartiers de la mégapole de 10 millions d'habitants, où M. Kabila est hautement impopulaire (il y a réuni sur son nom 16,5% des inscrits à la présidentielle de 2011).

Les sifflets, symboles du «carton rouge» que l'opposition entend donner au chef de l'Etat qui veut rester au pouvoir, les concerts de casseroles mais aussi des coups de feu ont résonné jusque tard dans la nuit.

La lumière du jour en a révélé les stigmates: traces de feux sur la chaussée, pierres et cartouches de gaz lacrymogène, conteneur en métal renversé... Dans la ville quadrillée par policiers et militaires en armes, la tension règne.

«Manigances»

Des secteurs de Yolo et Matete dans le centre et le sud de la capitale s'élèvent des colonnes de fumée noire. Le long des rues désertes, les rares habitants visibles semblent en observation, en attente sur le pas de leurs portes.

Pour beaucoup, l'annonce peu avant minuit de la composition d'un nouveau gouvernement, sans attendre la fin des négociations entre pouvoir et opposition sur une transition politique, risque d'embraser la ville.

«Provocation», «manigances», «trahison», «logique de confrontation»... Les mots pleuvent pour tenter d'expliquer cette annonce.

«On attendait la déclaration finale de la Cenco (la confédération des évêques catholiques, médiatrice des négociations) et il annonce un gouvernement. Le jour où il doit quitter le pouvoir, il provoque le peuple», se désole Louis, 60 ans, habitant du quartier de Singa Mupepe.

Deux quinquennats

«La Cenco nous a dit de rester chez nous, on a obéi en attendant la reprise des négociations» mercredi, explique Daniel, 63 ans, avant de s'emporter: «Ce qui s'est passé hier (lundi), c'est la rébellion. Même ceux qui n'ont pas étudié savent qu'après son deuxième mandat, un président doit laisser la place. On l'enseigne même à l'école primaire !»

La Constitution congolaise limite à deux quinquennats le temps que peut passer un président à la tête de l'Etat, mais M. Kabila a obtenu en mai de la Cour constitutionnelle de pouvoir rester à la tête du pays si la présidentielle n'était pas organisée avant la fin de son mandat, ce qui a fini par arriver. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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