New York: Riche banlieue transformée en marais poisseux
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New YorkRiche banlieue transformée en marais poisseux

Toujours privés d'électricité, les pieds dans une boue poisseuse à l'odeur fétide, les habitants d'Hoboken tentaient toujours jeudi de se remettre du passage de Sandy.

Sur le trottoir devant leur immeuble, les Hartman empilent les jouets, les meubles ou les appareils électroménagers entreposés avant le passage de Sandy dans leur garage: les inondations les ont définitivement rendus inutilisables.

Un grand étui noir, couvert d'autocollants «Fragile» et dont le profil rappelle celui d'un étrange cercueil, attire les regards des passants.

Le passage de Sandy en accéléré

«Tout le monde se demande ce que c'est», pointe Christine Harman, traçant dans la boue qui recouvre l'objet les mots «Etui de harpe»: «Maintenant, ils savent». L'instrument, dont jouait la mère de Christine, Lise, une musicienne professionnelle à la retraite, a quant à lui survécu à la catastrophe: «Il était chez nous, en haut».

«On se tient les coudes», résume Christine Hartman, une avocate âgée de 43 ans, évoquant l'état d'esprit des habitants de Hoboken: «Dans notre immeuble, on a fait une fête hier soir. Avec un barbecue sur le toit, on a cuit la viande qui allait périmer et on a bu les bières qui allaient se perdre».

Boue poisseuse

L'eau qui avait inondé les rues pittoresques d'Hoboken, une ville du New Jersey de 50'000 habitants située en face de Manhattan, de l'autre côté de l'Hudson, a depuis mercredi laissé la place à une boue poisseuse, mélange d'eau, d'essence et de fioul.

La mairie de la ville est pleine de gardes nationaux en tenue de camouflage et de résidents désireux d'obtenir des informations. Sur les marches de l'hôtel de ville, les dernières nouvelles sont écrites à la main sur un grand panneau blanc: «Retour de l'électricité dans l'ensemble de la ville attendu dans 7 à 10 jours».

Au pub Nag's Head, l'eau a grimpé jusqu'à la moitié environ du bar, laissant une marque nette après s'être retirée. Mais la cave de l'établissement est toujours inondée.

Pour la vider, Mairead Patterson, 33 ans, raconte qu'elle a un générateur pour faire fonctionner une pompe. Mais pas d'essence, en revanche, pour faire marcher le générateur. «Les pompiers ont promis d'en apporter, mais ils ont été appelés pour un incendie quand ils étaient là et ils ont donc dû repartir», soupire-t-elle.

Devant un supermarché, une longue file d'habitants attend patiemment que les employés les laissent entrer dans le magasin. «Ce serait de la folie furieuse s'ils laissaient entrer tout le monde», pointe Deana Bryant, une enseignante de 34 ans.

Dans la queue, certains ont besoin de médicaments. Elle, en revanche, vient juste acheter de l'eau de javel: «On veut laver les chaussures qu'on a utilisées pour marcher dans cette boue et on veut en mettre dans l'eau qu'on boit».

Même si on lui assure que la mairie garantit que l'eau du robinet est potable, elle n'en démord pas: «On n'y croit pas. On va ajouter un peu de javel quand même». (afp)

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