Actualisé 20.05.2016 à 15:55

Suisse

Richemont boucle son exercice en croissance

L'exercice 2015/2016 de l'entreprise se termine avec une hausse importante à 2,48 milliards de francs. Le groupe continuera d'investir en Suisse.

Richemont a résisté au contexte difficile dans l'horlogerie. Le groupe de luxe genevois a dégagé un bénéfice net en hausse de 67% sur l'exercice 2015/2016 à 2,23 milliards d'euros (2,48 milliards de francs). Après le récent dégraissage, il va continuer à investir en Suisse.

A mettre au crédit de la hausse du bénéfice net, la fusion de l'ex-filiale Net-a-Porter avec Yoox mais aussi la fin du taux du plancher qui avait coûté 686 millions début 2015, a dit vendredi le numéro deux mondial du luxe. Le chiffre d'affaires du numéro deux du luxe sur l'exercice 2015/2016 clos fin mars a lui augmenté de 6% à 11,1 milliards.

Exprimées en monnaies locales, les ventes affichent une baisse de 1% par rapport à l'exercice précédent. La croissance a dépassé 10% sur les six premiers mois, avant de reculer. En terme opérationnel, le bénéfice 2015/2016 s'est rétracté de 23% à 2,06 milliards.

Les gains immobiliers de 234 millions sur le précédent exercice expliquent ce recul. De même que des charges de restructuration qui se sont établies à 97 millions.

Le groupe propose un dividende en hausse moins forte que l'année dernière, à 1,70 franc, soit une progression de 6%. «Nous avons dit que nous voulons augmenter le dividende» indépendamment de la marche des affaires, a précisé le directeur financier Gary Saage. A la Bourse suisse, le titre a terminé en baisse de 4,30%, alors que le Swiss Market Index gagnait 1,12%.

Ventes en hausse au Japon

Les affaires ont globalement été portées par l'Europe ( 10% à 3,4 milliards à taux de change constants), le Moyen-Orient ( 2% à 975 millions) et le Japon ( 20% à 1,03 milliard). Des résultats qui ont compensé la faiblesse constatée dans la région Asie-Pacifique (-13% à 3,93 milliards) et sur le continent américain (-1% à 1,74 milliard).

Par secteur, les ventes dans la joaillerie ont avancé de 7% à 6,04 milliards. Le résultat opérationnel se rétracte lui de 4% à 1,9 milliard.

En ce qui concerne les activités horlogères, la hausse du chiffre d'affaires s'établit à 3%, à 3,22 milliards, plombée par la force du franc. Le bénéfice d'exploitation recule de 29% à 520 millions. Un franc fort qui, combiné à une utilisation plus basse des capacités de production, a pesé sur les marges.

Investissements en Suisse

La devise helvétique aura également impacté le dispositif du groupe en Suisse. Pour la première fois, le directeur général Richard Lepeu s'est exprimé sur la suppression récente d'environ 500 postes qui a abouti à une centaine de licenciements dans les cantons de Genève, Neuchâtel et Vaud jusqu'à fin avril.

Ce resserrage de 5% des effectifs en Suisse était «nécessaire». Il faut maintenir «un niveau de production en ligne avec les ventes de montres», a dit M. Lepeu. Si cette vague de coupes est terminée, il ne veut pas anticiper les mesures à l'avenir.

Pour autant, le groupe veut continuer à investir en Suisse, où il a dépensé plus de 600 millions de francs lors des 5 dernières années. Il inaugure mardi son Campus genevois de Haute horlogerie à Meyrin (GE). Un projet de manufacture d'IWC à Schaffhouse doit être mis en oeuvre.

Chine visée

Ce site constituera le dernier volet de plusieurs années d'investissements dans les manufactures horlogères. Richemont se concentre désormais sur un retour sur ces dépenses, a précisé M. Saage. Mais après avoir débloqué 300 millions par an pour des rénovations ou de nouveaux sites de commerce de détail ou de distribution, il souhaite poursuivre.

La productivité de boutiques en Asie doit être augmentée. Une dizaine ont été fermées en Chine. D'autres pourraient suivre à Hong Kong ou être relocalisées dans des sites moins dispendieux. L'accent des investissements va être davantage mis sur la joaillerie.

Richemont doute d'une amélioration significative à court terme dans l'environnement du commerce, notamment dans l'horlogerie. Les coûts vont être surveillés. En avril, les ventes ont reculé de 18% et de 15% à taux de change constants. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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