Votations du 12 février: RIE III: le camp des «non» a repris le dessus

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Votations du 12 févrierRIE III: le camp des «non» a repris le dessus

Selon le 3e sondage Tamedia sur les votations du 12 février, 47% des Suisses rejettent la réforme de la fiscalité des entreprises. Le camp des opposants a ainsi augmenté de 2% au cours des dernières semaines.

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8996 personnes ont participé à la 3e vague du sondage en ligne de Tamedia.

8996 personnes ont participé à la 3e vague du sondage en ligne de Tamedia.

Keystone

A onze jours des prochaines votations fédérales, c'est le sort de la réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III) qui s'annonce le plus serré. Tel est l'avis des politologues ayant analysé les résultats du 3e et dernier sondage Tamedia, éditeur de «20 minutes». Lors de la 1ère vague, le camp des «non» (43%) était sensiblement plus élevé que celui des «oui» (40%). Quelques semaines plus tard, partisans et opposants étaient à égalité avec 45% des deux côtés. Les dernières données révèlent désormais que le taux des «non» (47%) est à nouveau légèrement devant celui des «oui» (45%).

Il est important de noter que le camp des «plutôt oui» (7%) et des «plutôt non» (4%) est toujours relativement élevé. Un inversement de la tendance actuelle n'est donc pas exclu. Les personnes n'ayant pas encore pris de décision (8%) pourraient elles aussi encore faire pencher la balance d'un côté comme de l'autre.

RIE III: 67% des partisans du PLR disent «oui»

L'objet est massivement rejeté par les électeurs du PS et des Verts avec seulement 16% et 13% de «oui». Les personnes soutenant le PBD (28% de «oui») et les vert'libéraux (35% de «oui») ont quant à elles un positionnement critique envers le texte. Une petite majorité des partisans du PDC (47% de «oui») et de l'UDC (53% de «oui») soutient la réforme, qui est en revanche très clairement acceptée par les électeurs du PLR avec 67% de «oui».

Le texte, qui vise à remplacer par des allègements fiscaux pour toutes les entreprises les statuts spéciaux décriés au niveau international, est plus nettement rejeté en Suisse alémanique (53% de «non») qu'en Suisse romande (40% de «non») et au Tessin (42% de «non»).

L'effet Widmer-Schlumpf

Il y a une dizaine de jours, l'ancienne conseillère fédérale et ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf a considéré que la RIE III n'était pas indispensable. C'est pourtant elle qui avait pourtant lancé le programme. Mais elle déplore que le texte soumis au peuple soit trop éloigné du projet d'origine. «Sa prise de position nous a certainement aidés» commente Michael Sorg, porte-parole du Parti socialiste. Pour Martin Landolt, président du BPD, le parti de la Grisonne, «les déclarations d'Eveline Widmer-Schlumpf bénéficient d'une grande crédibilité auprès des indécis.»

Seuls 30% des Tessinois favorables à la naturalisation facilitée

En ce qui concerne la naturalisation facilitée pour les étrangers de 3e génération, le camp des «oui» a continué à prendre de l'importance et se monte actuellement à 55%. Ce taux s'élevait à 51% lors du 2e et à 50% lors du 1er sondage Tamedia. 44% des personnes ayant participé à la dernière enquête en ligne disent vouloir rejeter le texte. Les politologues rappellent qu'il s'agit ici d'une légère hausse si l'on considère le fait que le texte est accepté par la majorité des partisans des grands partis politiques, exceptés ceux de l'UDC (82% de «non»).

En Suisse romande et en Suisse alémanique, la naturalisation serait acceptée par 63% et 53% des votants. En revanche, seuls 30% des Tessinois comptent glisser un «oui» dans l'urne.

L'argument qui convainc le plus les partisans est celui selon lequel les étrangers de 3e génération font tout simplement partie de la Suisse. En revanche, l'argument qui convainc le plus d'opposants est celui qui stipule que ces personnes peuvent d'ores et déjà bénéficier d'une naturalisation facilitée.

FORTA: 60% de «oui» et 34% de «non»

Rappelons que le texte prévoit que la naturalisation facilitée soit accordée aux personnes âgées de moins de 25 ans, nées en Suisse, ayant fréquenté au moins durant cinq ans les écoles en Suisse et qui sont au bénéfice d'un permis d'établissement. Un grand-parent ainsi qu'un parent doit avoir vécu au moins dix ans dans notre pays.

Quant au fonds pour les routes nationales et pour le trafic d'agglomération (FORTA), 60% souhaitent actuellement glisser un «oui» dans l'urne le 12 février prochain contre 52% il y a quelques semaines. Le camp des «non» se monte actuellement à 34%. Le sort de cet objet semble donc d'ores et déjà scellé d'autant plus que le taux de personnes indécises a passé de 16% à 6%. Comme lors des précédents sondages, l'argument qui convainc le plus grand nombre de partisans est la nécessité de garantir et maintenir un réseau routier performant.

Quelques informations sur le sondage

8996 personnes ont participé le 26 et le 27 janvier à la 3e vague du sondage en ligne de Tamedia. Les politologues Lucas Leeman et Fabio Wasserfallen ont pondéré les réponses en fonction de variables démographiques, géographiques et politiques afin de correspondre le plus étroitement possible à la structure de la population suisse. La marge d'erreur est de 1,5%.

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