Actualisé 16.02.2017 à 08:37

Suisse

RIE III: Roger Köppel s'excuse

Le directeur de la «Weltwoche» bat sa coulpe après le rejet massif de la troisième réforme de l'imposition des entreprises.

de
Pascal Schmuck, Zurich
Roger Köppel a reconnu avoir tort dans la Weltwoche.

Roger Köppel a reconnu avoir tort dans la Weltwoche.

Keystone

C'est un aveu qui devrait ajouter au plaisir des opposants de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III). Roger Köppel, rédacteur en chef de la Weltwoche, fait son mea culpa dans son éditorial.

«Je l'avoue: je me suis trompé. Je suis un piètre augure. Mais, par bonheur, il n'est pas interdit d'apprendre de ses erreurs», avoue celui qui est également conseiller national zurichois sous les couleurs de l'UDC.

«Ce résultat n'est pas une catastrophe»

Sa contrition s'accompagne de nombreuses piques envers les socialistes «presque flottants sur un nuage». Et il ne s'excuse pas pour une réforme fiscale «qui était bien intentionnée, mais dont l'approche n'était pas la bonne». Car imposée par l'UE et l'OCDE, tare irréparable aux yeux de nombreux électeurs de l'UDC.

Autre repentance: le temps n'est plus aux prédictions quasi cataclysmiques lancées avant le scrutin du 12 février. «Ce résultat n'est pas une catastrophe, et c'était bien là mon erreur.»

Avertissement à l'économie

Roger Köppel se permet dans la foulée quelques coups de griffe aux milieux bourgeois. Même au Conseiller fédéral Ueli Maurer, sans toutefois le nommer. «Quand quelque chose ne convainc pas, la faute revient à son auteur. Dimanche dernier, des abîmes de méfiance se sont creusés. L'économie et ses représentants sont défaits et hors-jeu.»

Il lance également un avertissement aux milieux économiques qui seraient tentés de rogner le contrat social tacite qui prévaut en Suisse. Le conseiller national estime que le fossé est appelé à se creuser si les entreprises continuent à faire appel à la main d'oeuvre étrangère.

Contrôle de l'immigration

«L'immigration illimitée suscite un ressentiment envers les milieux économiques, dont profite la gauche et qui porte préjudice à la Suisse. Les associations économiques vivement sanctionnées par ce vote seraient bien avisées d'en prendre note.»

Sa solution pour répondre à ce défi? C'est bien entendu le contrôle de l'immigration conformément à la Constitution «ce que le Conseil fédéral et le Parlement se refusent à mettre en oeuvre».

Roger Köppel conclut également que la Suisse doit résister à la pression fiscale de l'UE et de l'OCDE et prendre le risque des listes noires en s'inspirant des baisses d'impôts promises par Donald Trump et la Grande-Bretagne post-Brexit. Pas sûr toutefois que cet appel soit du goût des milieux économiques.

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