Bilan: Rien ne va plus pour la machinerie suisse
Actualisé

BilanRien ne va plus pour la machinerie suisse

L'industrie suisse des machines a connu un 1er semestre calamiteux.

Le chiffre d'affaires a dégringolé de près de 20% et les entrées de commandes ont fléchi d'un tiers. La branche a perdu plus de 10 000 employés en un an et ne s'attend pas à une reprise avant la 2e moitié de 2010. L'organisation faîtière Swissmem demande une prolongation des indemnités de chômage partiel à 24 mois.

Les six premiers mois ont été très difficiles pour l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux. Le chiffres d'affaires des 290 entreprises membres de Swissmem ont baissé de 19,1%, a annoncé mardi l'organisation faîtière. Entre avril et juin, la chute a même atteint 22,7% par rapport à l'année précédente. Tant le marché intérieur que les affaires à l'étranger ont évolué au ralenti.

Au niveau des entrées de commandes, la tendance à la baisse a pu être freinée. Après un recul de 41,8% au 1er trimestre, la branche a limité la diminution à 26,6% au 2e trimestre.

Au total, les exportations se sont élevées à 31,4 milliards de francs en janvier et juin, en repli de 23% par rapport à l'année précédente. Le secteur de la construction métallique et des machines a été particulièrement touché.

Les signaux négatifs sont venus avant tout des principaux débouchés. Les exportations vers les marchés européens ont reculé d'un quart. Tant l'Allemagne, que la France et l'Italie ont acheté moins de produits suisses.

Effectifs rabotés

Cette situation difficile a entraîné des mesures structurelles et l'introduction de chômage partiel. Alors qu'au cours des dernières années encore quelque 50 000 nouveaux emplois à plein temps avaient été créés, le nombre de personnes occupées dans l'industrie MEM a diminué de 10.419 personnes. La branche occupait 338.355 personnes à plein temps à la fin juin, retombant au niveau de 2007.

Rappelant que la Confédération table sur un taux de chômage de 5,5% l'an prochain, Swissmem soutient le 3e programme de stabilisation étatique. Mais la branche demande aussi l'extension du chômage partiel de 18 à 24 mois. Cela permettra de sauver des emplois et du savoir-faire. Swissmem réclame des décisions rapides à ce sujet.

L'organisation faîtière souligne aussi qu'elle poursuit ses discussions avec les banques pour éviter des soucis de liquidités. Elles portent sur les deux idées lancées fin mai: l'augmentation de la limite du cautionnement et la création d'un fonds de dépannage. (ap)

Ton opinion