Chimie: Rififi au sein du clan Blocher?
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ChimieRififi au sein du clan Blocher?

Markus Blocher critique ouvertement le management de sa soeur Magdalena Martullo-Blocher, à la tête d'Ems-Chemie. Portrait de «l'outsider» de la famille.

par
Christine Talos
Magdalena Martullo-Blocher, son père Christoph et son frère Markus Blocher, ici photographiés en 2002.

Magdalena Martullo-Blocher, son père Christoph et son frère Markus Blocher, ici photographiés en 2002.

photo: Keystone

Y aurait-il de la jalousie au sein du clan Blocher? Toujours est-il que Markus Blocher, fils de Christoph, critique vertement sa soeur aînée Magdalena Martullo-Blocher dans les colonnes de l'Aargauer Zeitung lundi. Il doute en effet publiquement qu'elle investisse suffisamment afin d'assurer la pérennité du groupe Ems-Chemie.

Markus Blocher est lui-même à la tête de Dottikon ES, une entreprise argovienne également active dans la chimie et la pharma, détachée du giron du groupe Ems exprès pour lui, après l'élection au Conseil fédéral de son père Christoph Blocher.

Succès sur le modèle paternel

Selon Markus Blocher, le groupe EMS profite aujourd'hui des modèles d'affaires développés patiemment par son père Christoph autour de polymères à hautes performances combinés à un contrôle rigoureux des coûts et des dépenses. «La question est de savoir si maintenant Ems investit assez dans la recherche et le développement pour assurer son avenir», doute-t-il en indiquant avoir lui-même beaucoup investi de son côté dans de nouveaux produits.

Pourtant, alors qu'Ems volait de succès en succès, Dottikon ES accusait des pertes entre 2010 et 2014. Aujourd'hui, Dottikon, de nouveaux dans les chiffres noirs, atteint une capitalisation boursière de près de 400 millions de francs, soit 10 fois plus qu'à ses débuts, contre près de 11 milliards pour Ems. Un succès que Markus Blocher attribue justement aux investissements consentis dans l'innovation.

L'outsider des Blocher

Markus Blocher n'hésite pas non plus à aborder ouvertement dans l'interview la question des liens familiaux et estime qu'il est un peu l'outsider des 4 enfants de l'ancien patron de l'UDC. Une famille qui semble désormais éclatée puisque le frère et ses 3 soeurs, autrefois très proches, ne se rencontrent plus que de façon sporadique. Je passe mon temps libre avec ma propre famille, précise ce père de 7 enfants en indiquant qu'il est au courant des agissements de la fratrie par les journaux.

En affaires, l'homme, même s'il se dit avoir été influencé par son père, n'a pas grand chose à voir avec le reste du clan. «Je n'aime pas que trop de membres d'une famille soient impliqués dans une seule chose», admet-t-il. Même en politique, il diverge, puisqu'il se dit sans parti, loin de l'étiquette UDC de la famille.

Enfin, il reconnaît volontiers qu'il n'est pas simple d'être le fils de Christoph, une image si réductrice à son goût qu'il a même hésité à un moment donné à prendre le nom de son épouse. «Il n'y a qu'à voir les articles écrits à mon sujet: on parle toujours de moi comme le fils de l'ancien conseiller fédéral», grince-t-il.

Des quatre descendants directs de l'ancien conseiller fédéral, Markus Blocher est aussi le moins riche. C'est ainsi le seul de la famille qui ne figure pas dans la liste du magazine américain Forbes des milliardaires de la planète. La plus jeune du clan, Rahel Blocher (40 ans) partage la 421e place avec Magdalena (46 ans), avec une fortune de 3,5 milliards de francs. Les deux soeurs sont les actionnaires majoritaires du groupe EMS. Quant à Miriam Blocher (41 ans), elle est à la tête des biscuits de Läckerli-Huus et possède une fortune estimée à 1,2 milliard de francs.

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