Actualisé 24.08.2015 à 16:11

Suisse

Ringier Romandie quitte Médias Suisses

Après que Ringier a claqué la porte des éditeurs alémaniques la semaine dernière, c'est au tour de Ringier Romandie d'annoncer son départ de Médias Suisses.

Ringier Romandie quitte Médias Suisses. L'association romande des éditeurs déplore vivement cette démission qui suit celle de Ringier par rapport à Schweizer Medien. Elle juge «inacceptables» les manoeuvres conjointes de l'éditeur, de la SSR et de Swisscom pour s'immiscer sur le marché publicitaire. Les syndicats sont inquiets pour l'avenir de la CCT.

Après l'annonce choc jeudi à Zurich du départ de Ringier de l'association Schweizer Medien, la réplique n'a pas tardé de ce côté de la Sarine. Dans un communiqué, Médias Suisses annonce le retrait de Ringier Romandie, qui sera effectif au 31 décembre 2016.

Union pour la pub

Les décisions de Ringier et Ringier Romandie trouvent leur origine dans l'alliance révélée lundi dernier entre l'éditeur alémanique, la SSR et Swisscom. La future entité des trois partenaires sera chargée de commercialiser la publicité, en particulier sur les nouveaux supports numériques.

«Je regrette le départ de Ringier Romandie de Médias Suisses. Il y a d'autres enjeux en Suisse romande qu'en Suisse alémanique, avec la formation et la Convention collective de travail (CCT) en particulier», indique à l'ats Daniel Pillard, directeur de Ringier Romandie.

Distorsion de concurrence

Médias Suisses ne décolère pas après l'annonce de la collaboration entre Ringier, la SSR et Swisscom. Elle juge «inacceptable» qu'une entité financée avec l'argent public (SSR) et une entreprise majoritairement détenue par la Confédération (Swisscom) «s'immiscent dans un marché publicitaire déjà extrêmement tendu». Une nouvelle distorsion de concurrence en résultera, selon Médias Suisses.

«C'est bien la SSR qui est allée démarcher», souligne Daniel Hammer, secrétaire général de Médias Suisses. Le départ de Ringier Romandie et de ses cotisations devraient représenter un manque de 40 à 50'000 francs, estime-t-il. Mais ce retrait est surtout «un mauvais signal pour la branche, pour le partenariat social et pour la profession ainsi que pour la formation.».

Syndicats inquiets

Médias Suisses souligne qu'elle continuera toutefois à se battre pour la création et le maintien de conditions-cadres favorables à la branche.

L'association des journalistes Impressum déplore également le départ de Ringier Romandie. Elle rappelle que l'éditeur est lié par la Convention collective de travail (CCT) jusqu'en 2017.

Signal alarmant

Inquiète pour l'avenir de la CCT après cette date, Impressum va contacter les responsables de l'éditeur. L'association compte «étudier de manière très sérieuse la stratégie à suivre avec Ringier Romandie», souligne-t-elle. Jusqu'à présent, Médias Suisses était le partenaire social de la CCT.

Syndicom appelle de son côté Ringier à se comporter en partenaire responsable. «Ce serait un signal alarmant» si l'éditeur délaissait le partenariat social en Suisse romande.

Daniel Pillard confirme qu'avec le retrait de Ringier Romandie de Médias Suisses, il a dû démissionner de la présidence du Conseil du Centre de formation au journalisme et aux médias (CFJM) et de la tête de la Commission paritaire de la CCT.

Beaucoup de questions

«Jusqu'à la fin de 2016, je n'ai pas trop de crainte vu les statuts de Médias Suisses. Après, j'espère qu'il sera possible de trouver des solutions autant pour la formation que pour la CCT. Est-ce que ce retrait de Ringier et de Ringier Romandie est un épisode ou un tournant historique ? On verra», déclare le directeur de Ringier Romandie. (ats)

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