Drame de la Jungfrau: Risque d'avalanche jugé «moyen» par les prévenus
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Drame de la JungfrauRisque d'avalanche jugé «moyen» par les prévenus

Les deux guides de montagne qui comparaissent dans le procès du drame de la Jungfrau ont jugé le risque d'avalanche «moyen» lors de la randonnée fatale de juillet 2007.

Devant la justice militaire, ils ont affirmé mardi à Coire qu'ils auraient annulé l'excursion en cas de danger «marqué».

Le militaire de carrière Roger W. et le guide civil Pierre-Alain R. croyaient toutefois à une ascension «sûre» du sommet bernois de 4160 mètres, ont-ils déclaré au Tribunal militaire 7 au deuxième jour de leur procès. Ils étaient parvenus à cette conclusion sur la base de leurs observations le jour-même de l'accident et la veille, lors de l'ascension du Mönch voisin.

Les experts de l'Institut pour l'étude de la neige et des avalanches avaient pourtant qualifié le risque de «marqué», soit le degré 3 sur une échelle qui en comprend cinq. Le risque «moyen» évalué par les deux prévenus correspond lui au degré 2.

Les cinq recrues et le sergent décédés le 12 juillet 2007 seraient sans doute encore en vie si les deux guides avaient considéré le risque comme «marqué». Ågés de 20 à 23 ans, ils ont été emportés par une avalanche à 3900 mètres d'altitude. Les six autres recrues engagées dans l'ascension et les deux guides sont en revanche sortis indemnes de leur chute.

Les accusés ont répété qu'ils ont mené chacun leur groupe de manière totalement indépendante et qu'ils avaient chacun décidé de gravir la Jungfrau sans s'influencer réciproquement. Selon eux, ce choix a été opéré sans aucune pression de supérieurs ou liées à des ordres.

Une recrue se sentant sûre

Autre survivant du drame, une ancienne recrue est venue confirmer la version des faits des deux prévenus. «A tout moment, j'ai pensé que nous parviendrons au sommet de la Jungfrau», a-t-il déclaré à la Cour. Se sentant en sécurité dans l'ascension, il avait en outre jugé lui aussi le risque d'avalanche comme «moyen».

La recrue alémanique a toutefois confirmé que son groupe s'était montré réticent la veille à l'idée de gravir la Jungfrau. Après discussion avec Roger W. toutefois, «nous avons fait confiance en l'évaluation des guides», au vu de l'expérience dont ils disposaient, a précisé le témoin.

Les soldats dirigés par Pierre-Alain R. «voulaient» en revanche d'emblée «tous aller à la Jungfrau pour gravir encore un 4000 mètres, un jour après le Mönch», a-t-il ajouté. Ils ont finalement péri dans l'avalanche.

(ats)

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