Boko Haram: Risque de famine dans les régions dévastées
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Boko HaramRisque de famine dans les régions dévastées

Depuis que Boko Haram a été chassé par l'armée de vastes portions de territoire du Nord-Est nigérian, des milliers d'habitants ont commencé à se réinstaller dans leurs foyers.

La reconstruction tarde dans ces zones dévastées où la population est menacée de graves pénuries alimentaires.

La reconstruction tarde dans ces zones dévastées où la population est menacée de graves pénuries alimentaires.

Le commerce a repris dans les villes situées le long des routes qui remontent vers le nord en partant de Yola, la capitale de l'Etat d'Adamawa. Mais les traces macabres de l'insurrection sont omniprésentes.

Trois mois après la fin des combats, qui ont fait au total 1,5 million de déplacés, l'odeur des corps en décomposition flotte toujours près du siège de l'Eglise des frères, à côté de Mararaba.

Les islamistes de Boko Haram ont tué des milliers de personnes lors de leur conquête de vastes pans du nord-est du Nigeria l'année dernière. Ils se sont emparés de l'Etat de Borno, où le groupe a vu le jour, et d'une partie des Etats d'Adamawa et de Yobe, tout en multipliant les incursions dans les pays voisins, Tchad, Cameroun, Niger, qui ont réagi en montant une opération commune début 2015.

«Rien à manger»

Dans l'Etat d'Adamawa, l'armée nigériane a commencé à repousser Boko Haram quand la secte n'était plus qu'à une centaine de kilomètres de Yola, avant de la chasser de l'Etat. De nombreux habitants sont revenus, mais la région manque de cliniques, de banques, d'écoles.

Des blindés bardés de slogans en arabe rouillent au bord des routes. On croise des squelettes d'églises incendiées.

A Michika, théâtre de violents combats, les habitants ont trop peur de retourner travailler la terre et ils n'ont pas les outils pour le faire. «Toutes nos machines ont été incendiées ou emportées», explique Sini T-Kwagga, un chef de la communauté chrétienne.

«La plupart des gens qui reviennent souffrent parce qu'il n'y a rien à manger. Les gens sont malades, mais il n'y a pas d'hôpital (...). Pas de légumes, de citrons ou de bananes.»

Les pluies en vue

D'autant que les champs restent truffés de mines artisanales placées par les islamistes. «Il y a une semaine, une bombe a explosé alors que des gens défrichaient la terre. Il y a eu des blessés», raconte Rebecca Ishaya, une habitante revenue il y a deux semaines avec ses enfants.

Environ les trois quarts de la population sont retournés à Mubi, la capitale économique de l'Etat d'Adamawa, prise par Boko Haram en octobre dernier et récupérée par l'armée en décembre. Mais les habitants ne retournent pas au même rythme à Michika et Madagali, plus au nord.

Aller à Mubi, située à une heure de route plus au sud, permet de trouver des marchandises. Mais cet axe vital sera bloqué quand la saison des pluies aura pleinement démarré le mois prochain.

La plupart des ponts, comme celui qui relie Michika à Mubi, ont été détruits à l'explosif par Boko Haram pout tenter de freiner la contre-offensive de l'armée nigériane. La rivière gonfle déjà, alimentée par les premières averses.

Des voitures, des camions et des motos sont forcés d'emprunter une piste en terre dans le lit de la rivière. De jeunes hommes poussent les véhicules et les moteurs grondent en avançant dans l'eau. (ats)

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