30.07.2016 à 00:02

RéfugiésRisque élevé que l'accord UE-Turquie capote

Le président de la Commission européenne a fait part de ses inquiétudes liées à la purge en cours en Turquie.

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Un tribunal italien doit rendre son verdict sur un bénévole français contre lequel le parquet a requis 3 ans et 4 mois de prison pour avoir tenté de conduire une famille soudanaise en France. (Jeudi 27 avril 2017)

Un tribunal italien doit rendre son verdict sur un bénévole français contre lequel le parquet a requis 3 ans et 4 mois de prison pour avoir tenté de conduire une famille soudanaise en France. (Jeudi 27 avril 2017)

AFP
Le pacte UE-Turquie a transformé ce pays en «un terrain d'essai des politiques européennes qui bafouent les droits» des réfugiés, ont dénoncé plusieurs ONG. (Jeudi 16 mars 2017)

Le pacte UE-Turquie a transformé ce pays en «un terrain d'essai des politiques européennes qui bafouent les droits» des réfugiés, ont dénoncé plusieurs ONG. (Jeudi 16 mars 2017)

Keystone
Nouveau drame sur une plage en Libye. Une vingtaine de clandestins ont été tués par des passeurs sur une plage en Libye après avoir refusé d'embarquer à bord d'un bateau pour rejoindre l'Europe. (8 mars 2017)

Nouveau drame sur une plage en Libye. Une vingtaine de clandestins ont été tués par des passeurs sur une plage en Libye après avoir refusé d'embarquer à bord d'un bateau pour rejoindre l'Europe. (8 mars 2017)

AFP/archive/photo d'illustration

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a estimé que l'accord entre l'UE et la Turquie pour freiner l'afflux de réfugiés en Europe de l'Ouest risquait de capoter, dans un entretien à paraître samedi 30 juillet.

«Le risque est élevé. Le succès de l'accord jusqu'ici est fragile. Le président (Recep Tayyip) Erdogan a déjà laissé entendre à plusieurs reprises qu'il voulait le remettre en cause», a déclaré Jean-Claude Juncker au quotidien autrichien Kurier.

Si cela se produit «nous pouvons alors nous attendre à ce que les migrants recommencent à venir en Europe», dit-il.

Conséquences de la purge

L'accord controversé conclu en mars entre la Turquie et l'Union européenne a réussi à endiguer le flux des migrants mais le coup d'Etat manqué du 15 juillet contre Erdogan fait craindre qu'il ne soit remis en cause.

La purge qui a suivi en Turquie a conduit à des milliers d'arrestations dans les rangs de l'armée, de la police et de la justice et des centaines de personnes ont perdu leur travail dans les principaux ministères turcs.

Trois jours après la tentative de putsch, le groupe de responsables turcs chargés de surveiller la mise en oeuvre de l'accord sur les migrants côté grec ont été renvoyés chez eux et ils n'ont pas été remplacés.

Juncker se dit très préoccupé

Jean-Claude Juncker se dit par ailleurs «très préoccupé» par les récents événements au sein de l'UE, en particulier en Hongrie et en Pologne.

«En Pologne, les actions du gouvernement portent atteinte à l'Etat de droit... J'observe avec inquiétude les préparatifs du referendum sur les migrants en Hongrie», a souligné le responsable européen.

Mercredi la Commission européenne a donné trois mois à Varsovie pour revoir le fonctionnement de son tribunal constitutionnel, au nom de la protection de l'Etat de droit.

Pour une procédure pour infraction aux traités

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a comparé cette semaine l'immigration à un«poison» pour l'Europe, ajoutant que son pays n'avait «pas besoin d'un seul migrant».

«Si des referendums sont organisés sur chaque décision du Conseil des ministres (européen) et du Parlement européen, alors la sécurité légale est en danger», a estimé Jean-Claude Juncker.

«La Commission devrait vraiment -mais nous n'en sommes pas là- lancer une procédure pour infraction aux traités contre la Hongrie. Mais M. Orban affirmerait alors que la Commission traîne le peuple hongrois en justice», relève le chef de l'exécutif européen. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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