Californie: Riz sauté volé au bureau? Twitter joue aux «Experts»
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CalifornieRiz sauté volé au bureau? Twitter joue aux «Experts»

Un simple vol dans un frigidaire d'entreprise a donné lieu à une véritable enquête policière relayée par un employé sur Twitter.

par
jfe

On connaît tous quelqu'un qui, un jour, s'est fait voler son repas ou sa boisson dans le réfrigérateur du bureau. De quoi faire rire les collègues et mettre la victime affamée dans une colère rouge. Eh bien, c'est exactement ce qu'il s'est passé il y a quelques jours dans l'entreprise de post-production californienne où travaille Zak Toscani. Humoriste et écrivain, il a tenu Twitter en haleine tout au long de l'enquête sur le vol du riz sauté aux crevettes d'un collègue. Un fait divers qui a beaucoup fait jaser sur les réseaux sociaux, mettant en lumière un enjeu souvent ignoré et pourtant ô combien conflictuel au travail: la civilité dans le frigo commun.

«Cette psychopathe n'a même pas mangé la nourriture»

Selon le récit partagé plus de 175'000 fois, le collègue floué a tout d'abord demandé à regarder la vidéosurveillance de l'entreprise pour trouver l'identité du voleur. Or, après visionnage, il se trouve que «la» voleuse était assise juste à côté de Zak, mais qu'elle était partie entre-temps. «Selon la vidéo, cette psychopathe n'a même pas mangé la nourriture. Elle l'a sortie du frigo et l'a jetée dans la poubelle.»

«Elle avait exactement 30 min pour faire ce qu'elle a fait»

De quoi questionner Zak sur les raisons qui ont amené à une telle infamie: «Ses motivations restent totalement inconnues. Nous ne savons pas de quoi cette femme est capable.» Et l'humoriste de préciser: «Mon collègue a acheté le riz aux alentours de 11h30. Il l'a mis au frigidaire pour le manger vers 12h00. Donc elle avait exactement 30 minutes pour faire ce qu'elle a fait. Il n'y avait pas d'intention de réchauffer la nourriture.»

Pendant ce temps l'employé spolié a rencontré les ressources humaines, précisant qu'il ne voulait pas que la personne coupable soit renvoyée. Les RH ont tout de même envoyé un mail à tous les employés pour demander aux gens de ne pas voler les repas des gens dans le frigo. A son retour, la coupable s'est assise à son bureau, a allumé son ordinateur et ouvert le courriel, s'exprimant à la stupeur générale: «Wouah! Quelqu'un a volé un repas? Qui ferait quelque chose comme ça?», ce à quoi la victime a répondu: «Eh bien non, ce n'est pas autorisé de jeter la nourriture de quelqu'un.»

«Une lettre écarlate invisible»

«Oh, c'était ton repas?, a-t-elle rétorqué. Mais pourquoi voudrais-tu aller aux RH pour cela?» Après avoir été frontalement accusée, la «criminelle» a tout d'abord nié les faits, avant finalement de qualifier la personne des RH de «balance».

«Elle a juste soupiré et est retournée au travail. Elle avait l'air effroyablement calme», raconte Zak Tasconi après la confrontation. «Tout ce que je peux dire, c'est que maintenant tout le monde dans le bureau, du concierge au fondateur, sait ce qu'elle a fait. Elle porte maintenant une lettre écarlate invisible.» Et la raison dans tout ça? «Il me semble que nous ne saurons jamais pourquoi elle a fait ça», précise Zak.

Un espace propice aux conflits

Dans un article du «HuffPost», Andrea Bonior, psychologue clinicienne et professeur à l'Université de Georgetown, indique que les cuisines en milieu de travail sont souvent le théâtre de plusieurs conflits.

Un avis partagé par Eddy Ng, professeur à l'Université Dalhousie pour qui le microcosme du milieu de travail permet d'en savoir davantage sur les relations interpersonnelles des employés, leurs styles de communication et leurs types de personnalité. «Cela accentue les personnalités des gens et les attitudes envers leurs collègues», affirme-t-il.

«Les gens sont dans un espace restreint, où la cuisine du bureau a un niveau d'intimité non désirée, explique Andrea Bonior. On veut plus d'intimité, mais il faut utiliser le frigo commun. C'est un espace propice à des commentaires passifs agressifs.» Elle souligne également l'enjeu de l'alimentation qui peut être délicat pour certaines personnes qui suivent un régime spécifique ou qui éprouvent d'autres problèmes.

«On a probablement besoin d'interagir avec les gens pour régler un problème, mais plutôt que d'y faire face, les gens vont souvent laisser des notes», explique la psychologue. «Ça amène vraiment des enfantillages dans le milieu de travail.»

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