Actualisé 06.07.2020 à 16:23

«Air Cocaïne»

Robert Dawes, soupçonné d’être à la tête du réseau, jugé en appel

Le procès en appel de Robert Dawes, présenté comme l'un des plus gros narcotrafiquants d'Europe, s'est ouvert lundi à Paris.

Le Britannique de 48 ans est rejugé pour l'importation d'1,3 tonne de cocaïne en 2013 à bord d'un vol Air France Caracas-Paris. Il a été condamné à 22 ans de réclusion criminelle en décembre 2018, aux côtés de quatre co-accusés reconnus coupables du crime «d’importation de cocaïne en bande organisée». Seul M. Dawes, tête de réseau présumée, a fait appel.

La drogue était arrivée le 11 septembre 2013 à l'aéroport parisien de Roissy, dissimulée dans une trentaine de valises. Après cette saisie record dont la valeur à la revente a été estimée à 50 millions d'euros, l'organisme chargé à l'époque de la lutte contre le trafic de stupéfiants (Ocrtis) avait mis sur pied une vaste opération d'infiltration et de surveillance. Neuf jours plus tard, il interceptait un camion contenant 300 kilos de cocaïne et interpellait cinq suspects.

L'arrestation de M. Dawes, fruit d'une coopération policière et judiciaire européenne, était intervenue deux ans plus tard, en novembre 2015, dans sa villa du sud de l'Espagne.

Changement d’avocat

Lundi, l'accusé s'est présenté, par la voix d'un interprète, comme le «gérant d'une société de meubles». Une occupation qu'il avait déjà revendiquée en première instance, affirmant être totalement étranger à cette livraison de cocaïne.

Pour ce deuxième procès, il a changé d'avocat à la suite d'un épisode singulier en première instance : la présentation d'un «faux» à l'audience, qui a depuis entraîné l'ouverture d'une information judiciaire dans laquelle deux de ses anciens conseils, Mes Joseph Cohen-Sabban et Xavier Nogueras, sont inculpés.

La défense avait en effet pilonné la carte maîtresse de l'accusation, une conversation enregistrée en Espagne en 2014, dans laquelle M. Dawes revendiquait la paternité des 1,3 tonne de drogue. Elle avait produit un document affirmant que cette mise sur écoute était illégale – document qui s'est révélé falsifié.

Demande d’acquittement

Le nouvel avocat de l'accusé, Thomas Bidnic, a vivement contesté lundi les méthodes des policiers dans ce dossier, estimant que l'Ocrtis avait «été un acteur majeur de l'importation de cette cocaïne en France».

«Nous allons soulever la nullité de la saisie de la drogue, la provocation policière et en tout état de cause, l'acquittement pour Robert Dawes».

François Thierry, l'ex-patron controversé de l'Ocrtis, mis en cause dans d'autres affaires sur ses méthodes et en particulier sa gestion des «indics», doit être entendu comme témoin lundi après-midi. Le verdict est attendu vendredi soir.

(AFPE)

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