Robert de Niro fait sensation à Berlin
Actualisé

Robert de Niro fait sensation à Berlin

L'Américain Robert De Niro, acteur fétiche de Martin Scorsese, a fait sensation samedi à la Berlinale avec son deuxième film en tant que réalisateur, «The Good Shepherd».

Ce long-métrage, avec Matt Damon et Angelina Jolie, raconte la naissance de la CIA.

Le film, dont le titre signifie «le bon berger», et qui concourt pour l'Ours d'or du meilleur film avec 21 autres longs-métrages, était dévoilé au public au 3e jour du festival (8-18 février).

Venus à Berlin, Robert De Niro, Matt Damon et l'actrice allemande Martina Gedeck ont été chaudement applaudis par une foule compacte de fans. «Je suis un enfant de la Guerre froide, c'est une période qui me fascine» a déclaré De Niro lors d'une conférence de presse bondée.

Produit notamment par Francis Ford Coppola, «The Good Shepherd» raconte la naissance des services secrets américains à travers le parcours d'un homme. Edward Wilson (Matt Damon), brillant étudiant à l'université de Yale, est recruté pendant la Seconde guerre mondiale par l'ancêtre du renseignement américain, l'office des services stratégiques.

Vie privée dévastée

Marié avec une fille de sénateur, Margaret Russell (Angelina Jolie), il dirige bientôt les opérations à l'étranger de la CIA, supervisant de violents interrogatoires, combattant les régimes pro- communistes en Amérique latine et orchestrant le désastreux débarquement de la Baie des cochons à Cuba en 1961.

Le film montre surtout les ravages causés par cet engagement dans la vie privée de Wilson, qui s'éloigne de son véritable amour, néglige sa femme et son fils, et doit se méfier de tous ceux qui l'entourent.

Voyage en Mongolie

Autre film présenté en compétition, le très épuré «Mariage de Tuya» du Chinois Wang Quan'an a également ravi le public berlinois. C'est un émouvant portrait d'une bergère mongole à la recherche d'un nouveau mari pour subvenir aux besoins de sa famille, et en particulier son époux invalide, sur qui elle veut continuer à veiller.

Wang Quan'an, auteur de «Eclipse de lune», signe là un film d'un grand esthétisme, tourné sur les terres ingrates de la Mongolie intérieure chinoise. Sans verser dans le sentimentalisme, «le Mariage de Tuya», par la pureté des paysages et la beauté plastique des scènes, est un conte philosophique sur le pouvoir d'une femme sur son destin, et sur tout l'amour qu'elle sait donner.

Faux-monnayeurs chez les nazis

Sombre, le troisième film en compétition présenté samedi, «Les faux-monnayeurs» (»Die Fälscher») de l'Autrichien Stefan Ruzowitzky, retrace la fabrication par les prisonniers des camps de concentration nazis de fausse monnaie britannique pour torpiller l'économie de l'ennemi.

Basé sur le compte-rendu d'un survivant du camp de Sachsenhausen, «Les faux-monnayeurs» est surtout une réflexion sur la conscience. «Dans l'atelier de contrefaçon, cette version grotesque d'une sorte de camp de vacances dans un camp de concentration, on ne se bat plus pour sauver sa vie mais pour sauver son âme», a résumé Stefan Ruzowitzky. (ats)

Ton opinion