Actualisé 02.03.2016 à 15:07

Ligue nationale ARobert Mayer: «Il n'y a rien de meilleur»

Le portier de Genève-Servette arrive en forme au bon moment. Après un coup de mou en octobre, il va attaquer les play-off contre Fribourg Gottéron en pleine confiance.

de
Robin Carrel, Genève
Robert Mayer a arrêté 92.2% des pucks qui lui ont été adressés cette saison.

Robert Mayer a arrêté 92.2% des pucks qui lui ont été adressés cette saison.

photo: Keystone/Gabriele Putzu

A 26 ans, le gardien helvético-tchèque va vivre un de ses rêves de gosse: essayer de gagner le titre de Ligue nationale A. Cela tombe bien, il reste sur des prestations abouties et a l'occasion de prouver qu'il n'est, comme il le dit lui-même, jamais aussi bon que sous pression. Interview au terme d'un des derniers entraînements avant le Jour J.

Pour ce quart de finale, les gardiens seront-ils une des clés de la série?

Tout le monde en est une. C'est un sport d'équipe. Tous les joueurs doivent être sur la même longueur d'onde et hausser leur niveau de jeu. Bien sûr, le gardien est un petit peu plus exposé, mais que se soit 5-4 ou 7-6, le principe reste de marquer un but de plus que l'adversaire.

Vous avez été remplaçant quelques matches en octobre et maintenant, vous êtes en feu…

Je pense que j'étais le premier choix en début de saison, mais je ne jouais pas aussi bien que je le voulais et les coaches l'ont bien vu. Ils m'ont mis un peu de pression, je l'ai réalisé et j'ai travaillé encore plus fort. Le reste, c'est passé à l'histoire…

Vous êtes-vous déjà senti aussi bien qu'actuellement, au cours de votre carrière?

La constance dont je fais preuve cette saison, je ne l'ai sans doute jamais eue. Mais quand je jouais en AHL, on avait tendance à changer de portiers tous les matches ou toutes les deux parties. Je n'étais donc pas en mesure d'enchaîner comme je l'aurais souhaité. Pour moi, c'est une situation nouvelle et j'adore ça. Parce que si tu fais un match moins bon, tu as directement une autre rencontre pour prouver que ce n'était qu'un accident. C'est la clé, cette année.

A 26 ans, vous avez joué seulement 11 matches de play-off chez les pros.

Seulement ? Non, on a tendance à oublier les matches d'ECHL (ndlr: 9 parties avec les Cincinnati Cyclones en 2010), qui est une très bonne ligue en fait. Beaucoup de monde sous-estime cette division! Elle est très compétitive et difficile. Moi, je me sens bien lors des séries. Il y a beaucoup de pression et j'aime ça. Je suis meilleur quand il y a beaucoup d'attentes autour de moi. J'ai joué des matches internationaux et je suis allé à un Mondial pour voir comment les choses se passaient... Tout cela était excellent pour gagner en expérience.

Vous aurez en face de vous Benjamin Conz, un ancien du GSHC.

Il est plus jeune que moi et a déjà prouvé pas mal de choses dans cette Ligue. C'est vrai que c'est toujours intéressant de se mesurer à d'autres gars et de se dire qu'on veut les battre. Pour moi, c'est comme un match de tennis. On sera dans les mêmes conditions, avec des équipes différentes autour de nous, mais on voudra tous les deux arrêter des pucks et ça va être intéressant. Il est bon, très talentueux, jeune et a déjà de l'expérience. Ça va être une belle confrontation.

La situation des gardiens à Montréal vous donne-t-elle des regrets? Vous auriez pu avoir une ouverture, cette année.

Non, pas du tout. J'ai beaucoup progressé depuis que suis ici et je ne l'aurais sans doute pas fait si je n'avais pas joué autant de matches et pris autant de confiance. J'ai longtemps attendu ma chance là-bas et ce n'est jamais arrivé. C'est clair qu'il y avait une opportunité quand Carey Price s'est blessé, mais non, aucun regrets, vraiment. Je suis heureux où je suis et je prends du plaisir à Genève.

Et vous avez la chance de jouer pour le titre…

Exactement. C'est un des rêves que j'avais quand j'étais un petit garçon et que j'allais voir des matches du HC Coire. Ce serait incroyable. Nous avons un super groupe ici, mais comme je l'ai dit, les play-off, c'est une nouvelle saison et on ne sait jamais ce qui peut se produire.

Au vu de l'impact médiatique de ces derniers jours, vous sentez que cette série sera un peu différente?

Clairement. C'est un derby! C'est Fribourg et c'est aussi une ville de hockey incroyable. Ils aiment également ce sport là-bas et les fans y sont fous. Je me réjouis énormément. Ce sont les play-off, c'est un derby… Il n'y a rien de meilleur dans cette Ligue.

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