Genève: «Robin des bois» ou escroc? Un pharmacien devant les juges

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Genève«Robin des bois» ou escroc? Un pharmacien devant les juges

Le propriétaire d’une pharmacie comparaissait devant le tribunal pour répondre de faits d’escroquerie au préjudice de plusieurs caisses maladie. Certains de ses employés et leurs clients devront aussi s’expliquer devant la justice.

par
Maria Pineiro
Les remboursements de médicaments non remis étaient notamment utilisés pour acheter des biens de parapharmacie. 

Les remboursements de médicaments non remis étaient notamment utilisés pour acheter des biens de parapharmacie. 

Getty Images

Pharmacien au grand cœur aidant ses clients modestes ou escroc flouant des assurances maladie pour s’enrichir? C’est cette question que va devoir trancher le Tribunal correctionnel de Genève, cette semaine. Sept pharmaciens ou employés se voient reprocher d’avoir indûment facturé des médicaments sur ordonnance aux caisses. Une fois les montants remboursés, les clients auraient notamment bénéficié d’avoirs auprès du commerce pour des produits hors ordonnance.

Sensible à la précarité

Le ton et la ligne de défense du principal prévenu, le propriétaire de la pharmacie, ont rapidement été donnés. Me Yaël Hayat n’a pas hésité à qualifier son client de «Robin des bois de la pharmacie». En réponse aux questions de son avocate, l’accusé s’est décrit sensible à la précarité et à la misère des gens, côtoyés en Égypte où il a grandi. L’homme a détaillé comment, lors de ses études universitaires déjà, il a œuvré ou soutenu des associations d’aide aux nécessiteux. Pour son conseil, «retrancher aux riches pour donner aux pauvres constitue le nœud de l’affaire». 

Devant les juges, le pharmacien a tenté d’expliquer la comptabilité de son officine. Il a raconté avoir facturé des médicaments sous ordonnance non remis pour pouvoir offrir d’autres médicaments prescrits, mais non remboursés par les caisses. D’autres fois, les montants remboursés par les assurances permettaient aux clients de s’offrir des produits de parapharmacie. Enfin, il a dit s’être servi du même stratagème pour se faire rembourser des quotes-parts. «Vous savez, au total, les clients nous devaient 150’000 francs.» 

Pas de produits de luxe

Ces agissements, «je ne les ai pas faits pour m’enrichir, mais pour rendre service à des gens dans le besoin», a plaidé l’apothicaire. Il a insisté sur le fait que les produits achetés, comme du désinfectant ou du dentifrice, étaient de première nécessité. Ces faits, il en assume aussi la responsabilité pour ses employés, tout en assurant qu’ils auraient pu refuser. De prise de conscience, il ne semble pas y en avoir, l’accusé a dit ne pas comprendre ce qu’il fait devant la justice pour avoir aidé des nécessiteux, des gens à l’AI ou des réfugiés qui utilisaient ces bons pour «s’acheter un paquet de mouchoirs à 80 centimes».  

Le procès se poursuit mardi avec l’audition des employés de la pharmacie, puis des clients.

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