Athlétisme: Röthlin et Abraham pour le bouquet final sur marathon
Actualisé

AthlétismeRöthlin et Abraham pour le bouquet final sur marathon

Deux Suisses parmi les grands favoris: c'est cette situation pour le moins inédite qui prévaudra dimanche lors du marathon des Championnats d'Europe à Zurich.

L'ambiance promet d'être chaude dans les rues de la capitale économique, le long d'un parcours attrayant et spectaculaire, parsemé d'une côte de plus de 40 m de dénivellation (répartie sur 1,5 km) à parcourir quatre fois, au centre-ville. Les spectateurs auront l'occasion de voir passer et d'acclamer les coureurs à chacune des quatre boucles de 10 km, et même une quinzaine de fois au total pour peu qu'ils traversent quelques rues.

«Je me retrouverai dans un nouveau cas de figure en ayant pour la première fois un coéquipier à mes côtés dans un grand Championnat. Ainsi, je n'aurai plus à assurer moi-même le rythme, tout seul, comme à Göteborg en 2006», relève Viktor Röthlin, qui fut médaillé d'argent il y a huit ans en Suède, quatre ans avant son titre de Barcelone. Quelle sera la couleur de sa médaille, si médaille il y a, dimanche? «Tadesse est le no 1 européen des deux dernières années (avec son temps de 2h07'44 réussi à Zurich en avril 2013», observe l'Obwaldien. Ce dernier se glisse volontiers dans l'ombre pour l'occasion, dans un rôle d'outsider qui lui permet d'évacuer la pression sur Abraham.

De son côté, l'Erythréen d'origine ne se pose pas de questions. A 31 ans, il est au sommet de son art, comme l'a montré sa récente victoire, devant une bonne concurrence africaine, au GP de Berne (16,09 km). «J'ai l'habitude de courir en montée et en descente. Tous les profils me conviennent», dit-il. Abraham envisage d'«attaquer à fond dans la descente», que les coureurs emprunteront depuis le Polytechnicum. Et il ne craint pas une arrivée au sprint: «Dans les 400 ou 800 derniers mètres, je suis fort!»

Dans un français en constant progrès, Abraham, le résident genevois explique avoir peut-être «un peu perdu en vitesse» ce qu'il a pu gagner en force lors de sa préparation sur des parcours vallonnés. Mais on sent, à sa sérénité, qu'il jouera la gagne. Il serait surprenant que les marathoniens suisses finissent sans médaille. Car trois chances se présenteront à eux: une pour Röthlin, une pour Abraham et une... pour le classement par équipes, qui comptera, pour la première fois à des Championnats d'Europe, comme un podium à part entière. Les trois premiers coureurs de chaque pays seront pris en considération. Avec deux hommes au top, plus un troisième (Adrian Lehmann, 24 ans), plein de promesses, les Suisses s'annoncent redoutables.

«Nous nous stimulons les uns les autres à l'entraînement, il y a une vraie émulation», expliquent-ils. Pour la dernière course de sa carrière, Röthlin (39 ans) entend profiter pleinement de ce bain de jouvence au contact de la nouvelle génération. Premier signe favorable: personne ne parle des adversaires. Les Suisses sont assez sûrs d'eux. Mais gare aux Polonais emmenés par Henryk Szost, aux Italiens (Andrea Lalli, Ruggero Pertile), à l'Espagnol Ayad Lamdassem et aux imprévisibles Russes et Ukrainiens! (ats)

Ton opinion