Tennis: Roger Federer: «Chez nous, il n'y a pas de fuite»
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TennisRoger Federer: «Chez nous, il n'y a pas de fuite»

Ravi de basculer en tête avec l'Europe (3-1), le tennisman bâlois était d'excellente humeur vendredi à minuit. Interview.

par
Mathieu Aeschmann
Genève
Roger Federer: «Je misais sur un 2-2, donc je suis ravi d'aller me coucher à 3-1.»

Roger Federer: «Je misais sur un 2-2, donc je suis ravi d'aller me coucher à 3-1.»

AFP

Roger Federer, comment résumeriez-vous cette première journée?

Je peux vous dire que nous sommes très contents de mener 3-1. Je sais que vous étiez persuadés que nous allions tout gagner. Mais moi, qui suis un optimiste de nature, je misais sur un 2-2. Parce qu'on alignait deux «rookies», Fognini et Tsitsipas, que Thiem jouait «Shapo» qui est en forme et qu'en double, c'est compliqué. Donc je suis ravi d'aller me coucher à 3-1.

Dans un registre moins positif, votre coaching de Fabio Fognini avec Nadal n'a pas du tout fonctionné. Patrick McEnroe a même dit qu'il n'avait pas reconnu Fognini

Ok. Mais Patrick McEnroe appartient à l'autre équipe, il va donc dire ce qui l'arrange. Il n'est pas consultant TV ce week-end.

Mais qu'est-ce que vous avez dit à Fabio Fognini?

On l'a mal coaché, tout simplement... (ironique) En fait, notre coaching aura été désastreux avant et pendant le match. Peut-être que l'on a été pas trop mal après, pour lui remonter le moral. Mais tout ce qui a conduit à sa performance n'a pas marché. Non, plus sérieusement, je pense que Fabio a un peu subi la pression. Il a essayé de se relâcher, on a essayé de l'aider à se sentir plus à l'aise. Mais Jack a joué un très gros deuxième set, bravo à lui. Il a contrecarré nos plans. (sourire)

Roger, les séquences de coaching entre vous prennent toujours plus d'importance. Est-ce en train de devenir l'une des marques de fabrique de la Laver Cup?

Ça en a l'air. Cela pourrait même être l'un des secrets du succès. Car les fans veulent entendre ce que l'on se dit. Après, on ne prépare pas ces séquences. Tous les gars de l'équipe vous le diront, on ne peut pas se contrôler sur le banc. Donc, on s'approche et on parle. Et mieux vaut que le conseil porte ses fruits, car sinon, tu n'as pas l'air malin. Après, il faut savoir que l'on se concerte avant avec Thomas (Enqvist) et ceux qui sont assis pour savoir comment faire passer le message. Parce que tu ne peux pas toujours dire tout ce que tu ressens; cela peut s'avérer contre-productif.

Dans les coulisses de la Laver Cup

Vous affrontez Nick Kyrgios samedi (14h20). Vos impressions?

Si Nick se met à servir le plomb, cela devient compliqué pour tout le monde; on le sait. Mais j'ai eu des bons résultats contre lui (ndlr: il a gagné leurs cinq derniers duels), donc je vais aborder ce match avec une certaine confiance. S'il n'est pas à 100%, je serai là pour en profiter. Et s'il est au top, ce qui est souvent le cas en Laver Cup, ce sera un match très serré.

Le «Team Europe» a fait le choix de voir la composition adverse pour les matches de samedi plutôt que pour ceux de dimanche. Pourquoi?

C'est une décision d'équipe, qui prend en compte la stratégie des capitaines et le ressenti de chacun. On avait choisi le samedi à Prague (ndlr: dans ce cas, l'équipe adverse jouit de cet avantage le dimanche). Et à l'inverse, le «Team World» avait choisi le dimanche à Chicago. Je ne peux exactement vous résumer nos raisons mais on a tranché ainsi.

Cela veut dire que Rafael Nadal a préféré enchaîner simple et double (samedi soir) pour éviter d'affronter Kyrgios?

Je ne sais pas. Chez nous, il n'y a pas de fuite (sourire)

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