Tennis - Roger Federer va devoir partager (un peu) la vedette
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TennisRoger Federer va devoir partager (un peu) la vedette

Pour sa rencontre du 3e tour à Wimbledon, le Bâlois n’aura pas une foule totalement acquise à sa cause sur le Centre Court, face au Britannique Cameron Norrie.

par
Jérémy Santallo
Roger Federer acclamé par la foule jeudi après sa rencontre Richard Gasquet.

Roger Federer acclamé par la foule jeudi après sa rencontre Richard Gasquet.

REUTERS

Il venait à peine de triompher avec brio de Richard Gasquet que Roger Federer a lancé sa rencontre du 3e tour contre Cameron Norrie dans un vacarme assourdissant. «Vous avez toujours le public de votre côté mais la prochaine fois, ce sera un ‘Brit’, et cela risque d’être un peu différent», lui a-t-on adressé. Interviewé sur le court, «RF» a eu de la peine à entendre son interlocutrice. «Désolé, je n’ai pas compris car j’ai entendu son nom puis des huées et des acclamations», s’est marré le Bâlois.

Avant de reprendre: «J’espère que l’atmosphère sera différente et que le public y participera, peu importe qui il supportera. Je comprendrai si c’est pour lui. Et si c’est pour moi, ce sera sans doute en souvenir de mes vingt dernières années et tous les grands matches que j’ai joués ici (rires). Cam est un chic type, il a eu une année merveilleuse et a très bien joué au Queen’s, je sais que cela va être un match difficile. Je suis content que ça marche fort pour lui, mais ça suffit maintenant, il doit arrêter et moi avancer (rires). Je me réjouis et j’espère que vous aussi.»

«Le pire, c’est si le stade est plein et qu’il n’y a pas de bruit»

Roger Federer

Ce n’est pas la première fois que l’octuple lauréat du «Temple» retrouve un Britannique dans son jardin. Il y est habitué et prend ça avec philosophie. «Je n’entre jamais sur le court avec l’espoir que tout le monde soit avec moi. Je suis un peu pareil. Parfois, je supporte l’outsider. Vous savez comment c’est. Vous voulez aussi voir un match serré. Vous applaudissez les plus beaux points. C’est éventuellement lorsque cela devient serré que vous voyez qui encourage qui. Mais certains décident aussi sur le moment de celui qu’ils soutiendront.»

À écouter le Bâlois de bientôt 40 ans, le plus important reste que le public participe à la fête. Quoiqu’il arrive. «Je vais aborder ce match de la même manière que contre Gasquet. Au final, vous devez être concentrés sur vous-même et sur votre jeu. Si la foule entre dans la partie, c’est cool, même si c’est en sa faveur. Le pire, c’est si le stade est plein et qu’il n’y a pas de bruit. Mais sur le Centre Court, il y a toujours une belle ambiance, peu importe que les gens soient avec ou contre vous. C’est pourquoi ce court est merveilleux.»

Le souvenir de Norrie

Quelques heures plus tôt jeudi, après son succès expéditif contre Alex Bolt (6-3 6-1 6-2), Cameron Norrie, finaliste au Queen’s donc il y a dix jours (battu par Berrettini après avoir éliminé Karatsev et Shapovalov), avait évoqué son premier duel officiel face au «Maître». «Son âge ou mes récents succès ne me font pas voir cette rencontre autrement, a débuté le joueur de 25 ans. Ce gars est une légende de ce jeu. Il est très à l’aise ici et toujours en confiance. Il a probablement plus gagné à Londres que partout ailleurs en Grand Chelem.»

Si on parle de premier face-à-face «officiel», c’est parce que leur duel en décembre 2018, lors de l’exhibition de la Hopman Cup (ndlr: 6-1 6-1 de Federer en 57 minutes), compte pour beurre. «Avant qu’il ne me fesse assez facilement, je me souviens être entré sur le court le premier. C’était tout noir. Je me suis retourné et il est entré dans l’obscurité de l’enceinte avec la lumière juste sur lui. Il était là pour moi. Je me suis cru dans un jeu vidéo, a-t-il rigolé Norrie (ATP 34). Je ne pense pas avoir été mauvais ce jour-là. Mais il avait été impitoyable.»

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