Nucléaire: Rohani met la pression sur Washington
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NucléaireRohani met la pression sur Washington

Le président iranien a accusé jeudi les Etats-Unis de ne pas respecter totalement leurs engagements aux termes de l'accord.

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Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Keystone
Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

AFP
Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York.  (23 septembre 2019)

Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York. (23 septembre 2019)

AFP

Le président iranien Hassan Rohani a accusé jeudi 22 septembre à la tribune de l'ONU les Etats-Unis de ne pas respecter totalement leurs engagements aux termes de l'accord sur le nucléaire de l'Iran et les a mis en demeure de le faire.

«Le manque de respect (de l'accord) de la part des Etats-Unis depuis plusieurs mois représente une approche erronée qui doit être rectifiée immédiatement», a-t-il déclaré devant l'Assemblée générale des Nations unies.

Si Washington «échouait à appliquer l'accord», «cela affaiblirait encore davantage la crédibilité des Etats-Unis» dans le monde et serait condamné par la communauté internationale, a-t-il ajouté.

«Manque total de transparence»

Hassan Rohani s'est plaint ensuite lors d'une conférence de presse d'un «manque total de transparence» de la part des Américains et de «sérieux retards», en particulier à propos de la vente d'avions civils. Il a précisé que ces critiques visaient spécifiquement les Etats-Unis. «D'autres nations s'efforcent de remplir leurs obligations», a-t-il affirmé.

Il a critiqué une décision de la Cour suprême américaine de permettre la saisie d'avoirs iraniens, estimant que «des groupes de pression sionistes» étaient capables de forcer le Congrès à «adopter des lois indéfendables» et de contraindre la Cour à «violer les normes légales internationales».

«Pour parler franchement, nous considérons cela comme une extorsion de fonds internationale», a-t-il dit aux journalistes, en rappelant que l'Iran avait engagé une action en justice «et n'avait pas l'intention de renoncer». «Je suis certain que nous gagnerons en justice», a-t-il affirmé.

Entré en vigueur en janvier

Conclu en juillet 2015 entre l'Iran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), l'accord nucléaire est entré en vigueur à la mi-janvier.

Il a permis la levée d'une partie des sanctions internationales imposées à l'Iran, en échange de l'engagement de ce pays de limiter son programme nucléaire au secteur civil et de ne pas se doter de l'arme atomique.

Mais depuis l'entrée en vigueur de l'accord et malgré la levée des sanctions, Téhéran accuse Washington de faire pression sur les grandes banques pour qu'elles ne travaillent pas avec l'Iran.

«Ils font peur aux grandes banques en brandissant la menace d'une action de la part du Trésor américain, c'est quelque chose avec laquelle nous ne sommes pas d'accord», a-t-il expliqué.

Faire des affaires

Hassan Rohani a cependant incité les entreprises américaines à faire des affaires avec l'Iran. «Si nous avons des problèmes, c'est avec le gouvernement des Etats-Unis, pas avec les entreprises privées», a-t-il déclaré aux journalistes.

Il a aussi suggéré que l'accord, s'il était strictement respecté, pourrait permettre d'aller plus loin dans le règlement de conflits dans lesquels l'Iran joue un rôle comme en Syrie.

«Au-delà du dossier nucléaire, (l'accord) contient d'importantes leçons pour résoudre des problèmes internationaux compliqués», a-t-il expliqué. «Cet accord n'est pas seulement politique, il représente une approche créative et une méthode pour une interaction constructive avec pour objectif de résoudre pacifiquement des crises et des défis». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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