Lausanne: Roi de l'immobilier accusé d'avoir la main baladeuse
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LausanneRoi de l'immobilier accusé d'avoir la main baladeuse

Le groupe Bernard Nicod risque de ne plus pouvoir engager d'apprentis. Son patron en aurait tripoté une.

par
Christian Humbert
Bernard Nicod conteste en bloc les accusations.

Bernard Nicod conteste en bloc les accusations.

Florian Cella/24h

Le groupe du magnat Bernard Nicod, qui compte 210 collaborateurs dans onze agences de Suisse romande, est dans de sales draps. A titre préventif, la Direction générale de l'enseignement postobligatoire vaudois (DGEP) a décidé d'ouvrir une procédure en vue de lui retirer l'autorisation de former des apprentis et d'en engager dans le futur. Le recours formé par l'avocat de Bernard Nicod vient d'être rejeté par le Tribunal cantonal.

Le promoteur immobilier, âgé de 68 ans, «aurait agressé sexuellement une apprentie alors qu'elle remplaçait sa secrétaire habituelle», précise l'arrêt du tribunal daté du 16 décembre 2016. Selon le même document, Bernard Nicod aurait «plaqué l'adolescente contre un mur en l'incitant à l'embrasser et en se livrant à des attouchements». Les faits se seraient déroulés le 7 juillet.

Alertée par un message anonyme, la DGEP a fait entendre la victime présumée le 4 octobre par l'une de ses conseillères. En larmes, l'adolescente a confirmé les faits. Le lendemain, l'organe cantonal chargé de la surveillance des 17 500 apprentis vaudois et de leurs 8000 entreprises a dénoncé les faits au Ministère public. L'apprentie, elle, n'a rien osé entreprendre de «peur des représailles au sein de l'entreprise». Elle s'est retrouvée en incapacité de travail, victime, selon les termes de la dénonciation anonyme, «de dénigrement, voire même d'un climat de terreur». Elle est aujourd'hui au chômage.

«Je conteste tout»

Bernard Nicod a fini par répondre à nos sollicitations. «Cette affaire ne m'intéresse pas et je la conteste», déclare-t-il. Dans le recours de son avocat, rejeté par le Tribunal cantonal, le bouillonnant promoteur réfutait les accusations et espérait une suspension jusqu'au verdict de la justice pénale. A la suite de cette mesure administrative prise par la Direction générale de l'enseignement postobligatoire, ses sociétés redoutent un préjudice irréparable. La formation des apprentis, sur trois ans, ne rapportant à l'entreprise que dès la 2e année, le groupe immobilier évalue le coût du recrutement à 11545 francs.

Sentiment de rejet

La victime présumée cherche en vain à terminer son apprentissage d'employée de commerce dans la branche fiduciaire et immobilière. Ils sont actuellement 200 à suivre cette filière parmi les 265 entreprises vaudoises actives dans ce domaine. Elle a l'impression d'être mise à l'écart. Ses ex-collègues pourraient vivre la même situation. «Selon la loi, les commissaires professionnels ont pour mission d'accompagner tout apprenti vaudois qui romprait son apprentissage dans la recherche d'un nouveau lieu de formation», assure la DGEP. En 2015, 18 procédures similaires ont été ouvertes.

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