Rencontre: Roland Emmerich: «Je ne hais pas l'humanité»
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RencontreRoland Emmerich: «Je ne hais pas l'humanité»

Le nouveau blockbuster apocalyptique du réalisateur allemand se veut provocant, quitte à nourrir une certaine paranoïa.

par
Frédéric Nejad

Roland Emmerich s'inspire des croyances autour du calendrier maya, qui prend fin le 21 décembre 2012. A cette date précise, un alignement très rare de plusieurs planètes se produira, avec des conséquences désastreuses pour la Terre. «Je connaissais l'existence de ce calendrier. Puis j'ai découvert sur internet toutes les théories et prédictions liées à cela, explique le réalisateur allemand. Mais, je vous rassure, je ne hais pas l'humanité et je ne suis pas superstitieux.»

Au-delà des effets spéciaux, quelle est justement la trame du film? «Il s'agit d'une version moderne de l'arche de Noé. Seuls quelques-uns survivront à la fin. Le film pose la question «qui est-il utile de sauver et pourquoi?».

Roland Emmerich reconnaît avoir hésité avant de réaliser de nouveau un film de désastre. «Mais il y avait justement quelque chose d'intéressant au-delà des destructions, comme cette métaphore de l'arche de Noé. Si un scientifique ou le membre d'un gouvernement venait à apprendre en primeur que la fin du monde est toute proche, il le garderait probablement sous silence. De là naît la conspiration. J'ai alors trouvé intéressant la cohabitation dans une telle situation entre ceux qui savent et ceux qui ne sont pas au courant, et à qui on préfère cacher la vérité.»

Roland Emmerich se demande s'il est moral de se taire, avec les conséquences que cela peut avoir: «Il ne s'agit donc pas uniquement d'un film de destruction, mais d'un questionnement intellectuel sur la conscience morale dans ses comportements.»

«2012»

De Roland Emmerich

Avec John Cusack

John Cusack, fasciné par la fin du monde

Acteur vedette de «2012», John Cusack campe le rôle d’un écrivain qui tente de survivre avec ses deux enfants au milieu d’un chaos destructeur.

– Le public va-t-il sortir du cinéma encore plus paranoïaque après avoir vu «2012»?

– Peut-être... Mais je pense que la plupart des gens sont déjà obsédés par la fin du monde. Les prédictions de Nostradamus, par exemple, fascinent pas mal d’individus, comme moi. Enfant, j’ai lu des légendes ou des prophéties. Et quand vous grandissez dans la foi catholique, cela fait partie de votre conscience.

– Qu’est-ce qui vous a plu dans le scénario de «2012»?

– Il se concentre beaucoup sur de simples relations humaines et familiales. Lorsque Sony Pictures m’a approché pour jouer dans cette production, j’ai accepté après la lecture du script car il ne s’agissait pas d’un quelconque nouveau film d’action.

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