Rôle accru de l'ONU en Irak: un aveu de l'échec de Washington
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Rôle accru de l'ONU en Irak: un aveu de l'échec de Washington

Dubaï - Le fait que l'ONU, sous la pression des Etats- Unis, ait accepté vendredi de jouer un rôle accru en Irak est un aveu de l'impuissance et de l'échec de Washington, estime samedi la presse du Golfe.

Selon les commentateurs, la tâche des Nations unies n'est pas garantie pour autant.

«L'Amérique s'est rendue compte que toutes ses solutions se sont noyées dans le Tigre et l'Euphrate. Les aventuriers de la Maison Blanche et du Pentagone ont abouti à cette conviction: la sortie de l'impasse dictée par une réalité qu'ils n'avaient pas prévue», écrit le quotidien saoudien «al-Riyadh».

«Ainsi, l'ONU s'est transformée en une solution de rechange, convoquée au besoin (...) pour servir de couverture internationale et de moyen pour Washington de sortir de l'Irak», ajoute le journal.

«Al-Riyadh» s'interroge par ailleurs sur la capacité de l'ONU, «devenue l'ombre de la première puissance mondiale», de faire quelque chose «dans un pays où tout a été détruit et où le terrorisme a élu domicile».

Mission limitée

Son confrère «Al-Bilad», estime que «l'administration américaine cherche à élargir le rôle de l'ONU en Irak à la lumière de son échec militaire lamentable». «Le rôle de l'ONU ne sortira pas du cadre humanitaire», rappelle le journal, ajoutant toutefois que «même cette mission est entourée de dangers».

Le quotidien «Al-Sharq» (Qatar) ironise: «Est-ce que Washington et Londres ont demandé l'avis de l'ONU lorsqu'ils ont décidé d'envahir l'Irak ?». «Aujourd'hui, ils reviennent, la tête basse, pour demander à l'ONU d'élargir son rôle en Irak (...), en prélude à une fuite politique des problèmes de ce pays qu'ils cherchent à rejeter sur les Nations unies», ajoute le journal.

Indépendance de façade

«Il n'y a aucun doute: le recours à l'ONU confirme l'échec de Washington et de Londres en Irak», écrit son confrère «Al-Raya», en déplorant que «le rôle de l'ONU ait été limité à présenter des conseils au gouvernement irakien (...), alors qu'il fallait élargir les prérogatives des Nations unies» en Irak.

«Al-Khaleej» (Emirats arabes unis) considère également qu'il aurait fallu «libérer l'ONU de l'emprise de l'occupant pour qu'elle vole effectivement au secours du peuple irakien».

(ats)

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