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ZurichRoman Polanski au régime strict

Selon l'ordonnance cantonale sur l'exécution des peines, le détenu en attente d'extradition se voit attribuer une cellule individuelle si cela est possible, a précisé lundi à l'AP Rebecca de Silva, porte-parole du Service d'exécution des peines.

Le régime est strict. Le détenu a droit à une promenade quotidienne d'une heure. Une heure de visite par semaine est octroyée, à laquelle s'ajoutent les rencontres avec un avocat ou un représentant diplomatique.

Le détenu prend trois repas par jour dans sa cellule. Il peut téléphoner, se doucher et lire. Pour des raisons de sécurité et de confidentialité, le lieu de détention n'a pas été confirmé officiellement.

«Depuis plus de trente ans, Roman Polanski voyageait un peu partout dans le monde»

Roman Polanski a été arrêté sur mandat d'arrêt américain alors qu'il devait être récompensé dimanche par le Festival du film de Zurich. Il fait l'objet d'une procédure ouverte contre lui par les autorités américaines en 1977 pour une affaire de moeurs et n'a pu remettre les pieds sur le sol américain depuis 1978.

«Le plus étonnant» note «Libération», «c'est que depuis plus de trente ans, Roman Polanski voyageait un peu partout en Europe et dans le monde (...)». Il s'est notamment rendu à plusieurs reprises à Gstaad (BE) où il possède un chalet, note pour sa part «Le Figaro», qui parle de «position à géométrie variable» dans ce dossier de la part des autorités suisses.

Ce qui est certain, c'est que ces dernières connaissaient le numéro du vol et l'heure d'arrivée de Roman Polanski en Suisse. Elles ont été averties par les Etats-Unis à la suite d'un échange d'informations sur la base du mandat d'arrêt lancé à l'encontre du cinéaste, a indiqué à l'ATS Guido Balmer, porte-parole du Département fédéral de justice et police (DFJP). Qui s'est empressé d'ajouter qu'il s'agit-là d'une procédure tout à fait standard.

Possible recours

Par sécurité et respect de la personne arrêtée, M. Balmer n'a pas précisé le lieu de détention actuel de Roman Polanski. Le réalisateur franco-polonais dispose, à partir de son arrestation, d'un délai de dix jours pour s'opposer à sa mise en détention en vue d'une extradition, a rappelé le porte-parole.

L'avocat français du réalisateur, Hervé Temime, présent lundi à Zurich, était injoignable pour savoir si un tel recours a été déposé. Sur France Info, il a indiqué qu'il allait commencer par demander la mise en liberté de son client.

Les représentations diplomatiques française et polonaise en Suisse ont demandé à pouvoir rendre visite à Roman Polanski. «Nous espérons pouvoir le voir au plus tard mardi», a déclaré le consul de Pologne Marek Wieruszewski, en attente du feu vert des autorités suisses.

Paris et Varsovie actives

La France et la Pologne ont écrit à la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton pour plaider la clémence envers le cinéaste. «Tout ça n'est pas très joli», a déclaré sur France Inter le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui a par ailleurs appelé la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey.

La cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a été avertie avant le week-end de l'arrestation de Roman Polanski, a précisé M. Balmer. L'affaire est traitée «au niveau technique» comme une autre de ce type, même s'il y a des conséquences diplomatiques et politiques, a-t-il ajouté. Le DFJP est néanmoins en contact avec «tous les partenaires concernés».

Pétition et réactions

Une pétition d'artistes a été lancée en France pour réclamer la libération de Roman Polanski. Le cinéaste Costa-Gavras, les comédiennes Fanny Ardant et Monica Bellucci font partie des premiers signataires. En Suisse, Michel Bühler, Ursula Meier, Alain Tanner ou encore Fernand Melgar ont signé leur propre pétition avec une centaine d'autres artistes.

L'arrestation de Roman Polanski est «désastreuse pour l'image de la Suisse en général et pour l'image de la Suisse culturelle en particulier», a pour sa part indiqué Frédéric Maire, résumant l'avis du monde du cinéma suisse. «Cela donne l'impression d'avoir tendu un piège au réalisateur» et peut porter préjudice «à toute manifestation culturelle». (ap)

Une affaire vieille de trente ans

Roman Polanski a été arrêté samedi à son arrivée en Suisse, où il devait recevoir un prix au Festival du film de Zurich. Il a été arrêté en raison d'une procédure ouverte par les autorités américaines il y a 30 ans pour une affaire de moeurs. Polanski a été mis en «détention provisoire en attente d'extradition», mais peut faire appel de la décision.

Le réalisateur d'origine polonaise, âgé de 75 ans, a plaidé coupable en 1977 d'avoir eu des relations sexuelles de manière illégale avec une adolescente de 13 ans. De sa propre initiative, il a fui les Etats-Unis en 1978 pour se réfugier en France, où il a poursuivi sa carrière.

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