Erreur médicale: Roselyne Bachelot dénonce une «exploitation politique honteuse»
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Erreur médicaleRoselyne Bachelot dénonce une «exploitation politique honteuse»

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a critiqué vendredi «l'exploitation politique honteuse» du décès d'un enfant de trois ans à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris.

Plusieurs syndicats et le Parti socialiste avaient lié cet accident à la «politique de restriction des moyens» consacrés aux hôpitaux.

«Je réfute absolument l'agitation médiatique et l'exploitation politique honteuse qui est fait du drame d'une famille, ce n'est vraiment pas convenable», a déclaré sur RTL la ministre de la Santé, qui a diligenté une enquête interne pour faire la lumière «sur toute la chaîne d'organisation».

«Bien sûr notre système hospitalier a besoin de réformes profondes» mais «il ne faut pas exploiter ce drame épouvantable à des fins politiques, a-t-elle insisté.

Les propos de Mme Bachelot font suite à ceux du président de l'Association des médecins urgentistes (AMUF) Patrick Pelloux qui a réclamé sa démission jeudi. D'autres organisations, tout en exprimant leur compassion à la famille de l'enfant, ont aussi dénoncé à l'occasion de ce drame la politique du gouvernement à l'égard des hôpitaux.

Le Syndicat national des praticiens hospitaliers, anesthésistes réanimateurs (SNPHAR) a ainsi pointé dans un communiqué la restriction des moyens et en particulier «la suppression massive de personnel» à l'hôpital. «En médecine comme ailleurs, l'erreur médicale reste toujours possible», note le syndicat, mais il ne peut être réduit «que grâce à des conditions de travail permettant une sérénité professionnelle».

La secrétaire nationale du Parti socialiste chargée de la santé Mireille Le Corre, a estimé que «par sa politique de restriction des moyens, le gouvernement prend le risque de mettre en péril l'hôpital public». Le maire de Paris Bertrand Delanoë a lui critiqué un «contexte général de tension lié au manque d'effectifs dans les hôpitaux». «Cette tragédie confirme la nécessité de renforcer les conditions de fonctionnement de l'hôpital public», commente-t-il dans un communiqué.

Philippe Juvin, secrétaire national de l'UMP, juge lui «scandaleux que certains instrumentalisent le malheur des autres pour des raisons politiciennes». Lier ce drame à un manque de moyens constitue une «tentative de récupération (...) indigne», accuse-t-il.

Le petit garçon de trois ans, hospitalisé dans un service de pédiatrie générale de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, est décédé mercredi peu après 20h. Une infirmière, qui a reconnu une erreur dans les soins apportés à l'enfant, a été interpellée et placée en garde à vue. (ap)

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